Kadhafi, le mal de tête de Sarkozy

Armelle Le Goff - ©2007 20 minutes

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Re-couac. Hier, le dirigeant libyen a jeté un beau pavé dans la mare en affirmant sur France 2 qu'il n'avait pas évoqué la question des droits de l'homme avec Nicolas Sarkozy. Lundi soir, le chef de l'Etat avait assuré avoir demandé à son invité de « progresser sur le sujet ». Or, à en croire Mouammar Kadhafi, ils n'ont pas « évoqué ces sujets ». « Nous sommes des amis assez proches, nous coopérons », s'est-il aussi vanté.

Au lendemain de la vraie-fausse passe d'armes entre le Président et la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme sur la visite du dirigeant libyen, taxée par Rama Yade de « baiser de la mort », la polémique fait tache. L'Elysée a immédiatement répliqué, par la voie de son secrétaire général, pour affirmer que « le président Sarkozy a parlé des droits de l'homme à Kadhafi, à deux reprises ». Claude Guéant a même souligné qu'il avait été le « témoin » de ces conversations.

Soucieux de calmer le jeu et de ne pas passer pour les relais d'une diplomatie uniquement guidée par le business, les parlementaires UMP, qui recevaient hier le sulfureux dirigeant à l'Assemblée nationale, ont juré avoir évoqué avec leur hôte « la dimension essentielle du respect des droits de l'homme ». Pas décontenancé, celui qui se veut le « Guide » de la révolution islamo-marxiste leur aurait affirmé être au pouvoir « depuis trente-huit ans consécutifs, parce que ce n'est pas [lui] qui [est] au pouvoir, mais le peuple libyen ». Il aurait embrayé sur le Darfour, critiquant « l'internationalisation du conflit », au moment même où les Nations unies tentent de déployer 26 000 hommes dans cette zone. Hier, la France aurait réussi à encaisser pour 4,5 milliards d'euros de contrats, mais pour combien de couleuvres avalées ? Réponse avec le départ de Kadhafi, samedi.