Inquiétudes et critiques: Comment le monde accueille le décret anti-immigration de Trump

IMMIGRATION Le président américain a interdit par décret l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans, suscitant des protestations…

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 28 janvier 2017.
Donald Trump au téléphone avec Vladimir Poutine dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 28 janvier 2017. — MANDEL NGAN / AFP

A peine arrivé, le nouveau président des Etats-Unis est déjà sous le feu des critiques de nombreux dirigeants du monde entier. Depuis vendredi et l’entrée en vigueur du décret anti-immigration du président américain Donald Trump, interdisant l’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) pendant trois mois, certains passagers n’ont pas pu prendre leur vol en direction des Etats-Unis.

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Ce décret a été critiqué, plus ou moins directement, par de nombreux dirigeants. Tour du monde des réactions politiques.

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Iran

C’est clairement le pays qui a le plus vivement réagi à cette annonce. Le décret constitue une « discrimination collective » et sera en fait perçu « comme un grand cadeau aux extrémistes et à leurs protecteurs ». Il « aide les terroristes à recruter en creusant la fracture commencée par les démagogues extrémistes », a tweeté dimanche le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif. L’Iran a décidé d’appliquer la réciprocité et remis une protestation écrite à l’ambassadeur suisse qui représente les intérêts américains en Iran.

Irak 

Le Hadj al-Chaabi (Mobilisation populaire), importante coalition paramilitaire irakienne participant à la bataille de Mossoul contre les djhadistes de l’Etat islamique (EI), a appelé Bagdad à refuser désormais l’entrée des Américains en Irak. Des députés irakiens ont aussi réclamé la réciprocité.

France

Le président François Hollande a mis en garde samedi soir Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique, contre « le repli sur soi » et appelé au « respect » du principe de « l’accueil des réfugiés ». Dimanche, le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault a tweeté : « L’accueil des réfugiés est un devoir de solidarité. Le terrorisme n’a pas de nationalité, la discrimination n’est pas une réponse. »

Allemagne

La chancelière Angela Merkel « regrette » ce décret et juge qu'« il n’est pas justifié de placer sous une suspicion généralisée des gens en fonction de leur origine ou croyance », a indiqué dimanche son porte-parole.

Grande-Bretagne

« Nous ne sommes pas d’accord avec ce type d’approche », a affirmé dimanche un porte-parole de la Première ministre Theresa May, ajoutant qu’elle interviendrait si le décret touche des citoyens britanniques. Theresa May avait dans un premier temps refusé de critiquer l’initiative américaine alors qu’un parlementaire de son parti conservateur, né en Irak, avait annoncé ne plus pouvoir désormais se rendre aux Etats-Unis.

Belgique

« Nous sommes en désaccord avec l’interdiction d’accès au territoire pour sept pays musulmans », a déclaré dimanche un porte-parole du Premier ministre Charles Michel à l’agence Belga.

Luxembourg

« La décision est également mauvaise pour l’Europe, car elle va renforcer encore davantage la méfiance et la haine envers l’Occident au sein du monde musulman », juge le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn dans un entretien publié dimanche dans l’édition dominicale du journal allemand Tagesspiegel.

Pays-Bas 

Le chef de la diplomatie Bert Koenders s’est dit « inquiet de la légalité et des conséquences pratiques » de la décision de Donald Trump. « C’est important que cela ne mène pas à des discriminations », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Suisse

Le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter a souligné dimanche dans un communiqué : « Nous nous sommes toujours opposés à la discrimination des êtres humains en raison de leur religion ou de leur provenance. En ce sens, le décret signé aux Etats-Unis va clairement dans la mauvaise direction ». Il a estimé « contraire » aux conventions de Genève sur les réfugiés « de stopper de manière générale l’accueil de personnes venant de Syrie ».

Canada

« A ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi », a tweeté samedi le Premier ministre Justin Trudeau.

Son bureau affirme avoir reçu des assurances de Washington que les Canadiens possédant la double nationalité ne seraient pas affectés par le décret américain.

République tchèque

Le président Milos Zeman s’est distingué en se félicitant samedi du décret, jugeant, selon un tweet de son porte-parole que Donald Trump « protège son pays, il est soucieux de la sécurité de ses citoyens. Exactement ce que nos élites européennes ne font pas » et que « maintenant nous avons des alliés aux Etats-Unis ».

Yémen

Le « gouvernement » de la rébellion chiite non reconnu par la communauté internationale a jugé qu’il était « illégal et illégitime » de « classer le Yémen et ses citoyens comme étant source de terrorisme ou d’extrémisme ».

Indonésie

Le pays comptant le plus grand nombre de musulmans au monde a « profondément regretté » le décret.