Brexit, climat, droits humains... François Hollande appelle l’Europe à faire bloc face à Donald Trump

MONDE Le chef de l’Etat français François Hollande a appelé ce samedi l’Europe à opposer une réponse « ferme » à son homologue américain pro-Brexit…

20 Minutes avec AFP

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Le président François Hollande le 8 septembre 2016 salle Wagram à Paris.
Le président François Hollande le 8 septembre 2016 salle Wagram à Paris. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le Brexit, « une chose merveilleuse » ? A l’exception de la Grande-Bretagne de Theresa May, les Etats membres de l’UE n’ont pas particulièrement goûté les propos de Donald Trump. La France en tête.

Appel à une Union européenne « forte et unie »

« Je crois que nous devons lui répondre », avec « fermeté », a martelé ce samedi France Hollande en marge d’un sommet de sept pays du sud de l’Union européenne réuni à Lisbonne et à quelques heures de son tout premier entretien téléphonique avec le nouveau locataire de la Maison Blanche.

« En ces temps d’incertitude au niveau mondial, il est essentiel d’avoir une Europe plus forte et plus unie » pour réaffirmer ses « valeurs de démocratie, de liberté et de commerce libre », a insisté l’hôte de la réunion, le Premier ministre portugais Antonio Costa.

Ce « sommet des pays méditerranéens de l’UE », qui a réuni l’Espagne, l’Italie, la Grèce, Chypre et Malte, s’est conclu par une déclaration commune, qui sans mentionner explicitement la nouvelle administration américaine, a appelé à une Union européenne « forte et unie » et à une relance économique sur le continent.

« Lorsqu’il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l’Europe et lorsqu’il parle du modèle du Brexit pour d’autres pays, je crois que nous devons lui répondre », a encore lancé François Hollande.

Et « quand le président des Etats-Unis évoque le climat pour dire qu’il n’est pas encore convaincu de l’utilité de cet accord, nous devons lui répondre », a-t-il enchaîné.

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« Epreuve de vérité »

De la même manière, François Hollande a dénoncé les « mesures protectionnistes qui pourraient déstabiliser les économies » et le refus de Donald Trump d’accueillir des réfugiés.

Le président américain avait affiché la veille son enthousiasme pour le Brexit, « une chose merveilleuse », vantant « la relation spéciale » entre Washington et Londres, lors d’une rencontre avec la Première ministre britannique Theresa May.

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« L’Europe est devant l’épreuve de vérité, devant l’heure des choix », a répliqué samedi François Hollande.

Seul parmi les sept dirigeants réunis à Lisbonne à évoquer explicitement la nouvelle administration américaine lors de la conférence de presse finale du sommet, il a renchéri : « nous devons mener un dialogue ferme » avec elle.

L’administration Trump, a-t-il enchaîné, doit désormais « faire la démonstration qu’elle veut régler les problèmes » du monde, qu’il s’agisse des crises du Moyen-Orient, de l’Ukraine, du terrorisme, de l’accord de Paris sur le climat ou des questions commerciales.

Si, officiellement, le changement radical à Washington ne figurait pas à l’ordre du jour du sommet lisboète, les six autres dirigeants l’ont évoqué à demi-mot.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui accueillera la prochaine réunion des sept à Madrid en avril, a ainsi célébré le « mode de vie » des Européens, porteur selon lui, de « bien-être, de civilisation et de droits humains ».

« Nous vivons des temps difficiles où réaffirmer les résultats et les valeurs de l’Union européenne a du poids », a plaidé son homologue italien Paolo Gentiloni, estimant toutefois un peu plus tard devant les caméras que l’Europe saura trouver « les meilleures voies pour collaborer » avec l’administration Trump.