Trump et Pena Nieto discutent au téléphone (et ne parleront plus du mur en public)

MONDE Les relations entre les deux présidents sont tendues après l'annulation de leur rencontre prévue à Washington...

P.B.

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Le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a reçu Donald Trump à Mexico City, le 31 août 2016.
Le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a reçu Donald Trump à Mexico City, le 31 août 2016. — D. Lopez-Mills/AP/SIPA

C’est le mur de la discorde. Donald Trump et Enrique Pena Nieto se sont entretenus pendant une heure au téléphone, vendredi, au lendemain de leur clash et de l’annulation de la visite du président mexicain à Washington. Ils ont convenu de ne plus faire de déclarations publiques à propos du mur, a indiqué la présidence mexicaine dans un communiqué.

Les deux présidents ont reconnu « des différences claires » au sujet du mur que Trump veut construire pour sécuriser la frontière et ont convenu « pour le moment » de ne plus en parler « publiquement », indique le communiqué.

Une guerre commerciale pourrait faire flamber les prix

Trump répète depuis 18 mois que « le Mexique paiera pour le mur », ce que Pena Nieto rejette catégoriquement. Techniquement, le décret signé par Donald Trump prévoit un financement, qui devrait sans doute dépasser les 15 milliards de dollars, par le contribuable américain, mais le président promet que le Mexique « remboursera les Etats-Unis ».

Jeudi, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a évoqué une possible taxe de 20 % sur les produits mexicains importés par les Etats-Unis, ce qui a fait bondir de nombreux économistes, ainsi que le sénateur républicain Lindsey Graham : « Toute politique qui fait grimper les prix de la Corona, de la tequila et des margarittas est une super mauvaise idée. Mucho triste », a ironisé ce critique régulier de Donald Trump.

De fait, le Mexique est le troisième partenaire commercial des Etats-Unis, après la Chine et le Canada. Washington importe des fruits et des légumes, des avocats et des citrons verts, notamment, mais de nombreuses voitures sont également fabriquées de l’autre côté de la frontière. Une taxe de 20 % ferait forcément grimper les prix, et au final, c’est bien le « consommateur américain qui paierait pour le mur », estime sur CNN l’économiste Edward Alden.