Etats-Unis: Immigration, «Obamacare» ou libre échange... Les premiers actes du Président Trump

MAISON BLANCHE Tour d’horizon des décrets pris par le nouveau Président américain depuis son investiture…

20 Minutes avec AFP
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Donald Trump lors de la campagne présidentielle, le 5 octobre 2016.
Donald Trump lors de la campagne présidentielle, le 5 octobre 2016. — Evan Vucci/AP/SIPA

A peine une semaine après son investiture, la liste des décrets signés par le Président américain est déjà longue. Depuis son entrée à la Maison Blanche vendredi dernier, Donald Trump a pris plusieurs mesures qui vont de la proclamation d’une journée « patriotique » à la construction d’un mur à la frontière mexicaine, en passant par des décrets visant à limiter l’Obamacare ou le traité de libre-échange (TPP).

Sur l’immigration

C’était une des mesures phares de sa campagne électorale. Donald Trump a signé un décret lançant le projet de construction d’un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, qu’il entend faire payer ultérieurement à Mexico.

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Il a également signé un autre décret portant sur une application plus rigoureuse des lois sur l’immigration, y compris une limitation de l’accès aux fonds fédéraux pour les « villes sanctuaires » qui accueillent des immigrants clandestins. Ce jeudi, son administration a par ailleurs annoncé qu’elle publierait toutes les semaines une liste des crimes commis par des immigrésrapportent des médias américains.

D’autres mesures sur l’immigration seront adoptées cette semaine. Certaines limiteraient l’accès aux Etats-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance de pays musulmans comme l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan,  la Syrie et le Yémen, selon plusieurs médias.

Sur le plan international

Comme il l’avait promis, Donald Trump a signé cette semaine l’acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), dont l’administration de Barack Obama avait fait l’une de ses priorités. Vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d’âpres négociations par 12 pays d’Asie-Pacifique représentant 40 % de l’économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n’était pas encore entré en vigueur, en l’absence de ratification par le Congrès américain.

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Parallèlement, le Président américain a aussi annoncé qu’il allait commencer à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec les dirigeants du Canada et du Mexique qu’il doit voir prochainement. Une rencontre avec son homologue mexicain, Enrique Peña Nieto, est notamment prévue le 31 janvier.

Donald Trump prépare aussi des décrets qui prévoient la réduction, voire la suppression, de la contribution financière des Etats-Unis à plusieurs agences des Nations unies et d’organisations internationales, et le moratoire d’une série de traités, selon le New York Times.

Sur le plan économique

Donald Trump veut redonner vie au projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux Etats-Unis, dont la construction avait été bloquée par Barack Obama au nom de la lutte contre le changement climatique. Long de 1.900 kilomètres, dont 1.400 aux Etats-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l’Alberta (ouest) jusqu’au Nebraska (centre des Etats-Unis), d’où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

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Le Président américain a également signé un décret ouvrant la voie à la construction d’un autre oléoduc porté par la compagnie Energy Transfer Partners dans le Dakota du Nord, dont le tracé avait été rejeté en décembre après une intense mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

Sur le plan social et sociétal

En attendant son abrogation par le Congrès, Donald Trump a signé un premier décret contre l’emblématique loi d’assurance santé « Obamacare » de son prédécesseur, ordonnant à son administration d’accorder le plus d’exemptions possible à la réforme de 2010, détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur.

Dans la foulée, il a signé un décret interdisant le financement, par des fonds fédéraux, d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement.

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Le nouveau Président a aussi signé un décret gelant les embauches des fonctionnaires au niveau fédéral, qui ne s’applique cependant pas au personnel militaire, suivant sa promesse de « curer le marigot » en réduisant le nombre et le statut des fonctionnaires. Plusieurs ministères et agences fédérales ont par ailleurs publié des circulaires imposant aux fonctionnaires un verrouillage de leur communication.

Mais la plus symbolique des mesures est probablement celle qu’il a promulguée le jour de son investiture : la « journée nationale du dévouement patriotique », pour « renforcer nos liens entre nous et avec notre pays ».