Reuters/Zohra Bensemra

ALGERIE

Attentats en Algérie : 30 morts selon un bilan officiel, 72 selon la presse

Ils sont revendiqués par la Branche armée d'Al-Qaida au Maghreb...

Le bilan officiel des attentats perpétrés mardi à Alger est de 30 morts, «dont 5 étrangers», et 28 blessés hospitalisés, selon le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci, interrogé mercredi par téléphone sur Europe 1. Le quotidien algérien «al-Watan», citant des sources médicales, faisait état ce mercredi de 72 morts et 112 blessés.

Revendiqué par Al-Qaida

Ces deux attentats à la voiture piégée
ont été revendiqués par la branche d'Al-Qaida au Maghreb islamique (BAQMI, ex-GSPC algérien). Les deux attaques, précise Al-Qaida, ont été menées par Abdoul-Rahman al Aasmi et Ami Ibrahim Abou Othman. Un site Internet islamiste publie des photos des deux kamikazes, portant des fusils d'assaut.

 Parmi les victimes, figureraient un ressortissant danois et un ressortissant sénégalais, selon le ministère de l'Intérieur algérien. L'ONU affirme pour sa part qu'au moins quatre de ses employés ont été tués et que 14 sont portés disparus. Dans la soirée, cinq personnes ont été dégagées vivantes des décombres de l'immeuble abritant le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés et le PNUD dans le quartier de Hydra.

Aucun Français ne figure parmi les victimes, a quant à lui indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Le Haut Commissaire de l'ONU aux Réfugiés, Antonio Guterres, a déclaré n'avoir «aucun doute» sur le fait que le siège du HCR à Alger était la cible de l'attentat à la voiture piégée, a affirmé un porte-parole de l'Organisation à Geneve.

Quartier résidentiel

Mardi matin, deux attentats simultanés ont eu lieu, l'un dans un bus devant la Cour suprême
à Ben Aknoun, l'autre devant le siège du HCR dans le quartier résidentiel de Hydra. Le véhicule piégé a explosé «entre le bâtiment du HCR et un autre qui abrite le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et d'autres agences de l'ONU», a indiqué à l'AFP Astrid Van Genderen Stort, une autre porte-parole du HCR

Selon un membre des bureaux de la Commission européenne, juste à côté du HCR, les bâtiments des Nations Unies auraient effectivement été touchés par l'explosion. «Des vitres ont éclaté. Toutes les routes sont bloquées. A la Commission européenne, la sécurité a été renforcée, personne ne sort», a-t-il précisé à 20minutes.fr.


Hydra est un
quartier résidentiel où se trouvent les nouveaux sièges des ministères de l'Energie et des Finances, ainsi que plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques. Ce quartier, où vivent un grand nombre d'étrangers, est habituellement très surveillé par la police.

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L'attentat à Ben Aknoun a également fait de nombreux morts, où une explosion a touché un bus de transport d'étudiants en direction de la fac de droit qui a été pulvérisé, a indiqué un membre du service médical
. Un cordon de sécurité a été immédiatement déployé et la route conduisant à ce quartier, où se trouvent notamment la Cour suprême et le Conseil constitutionnel, a été fermée à la circulation. Un policier et deux gardes républicains en faction devant ces bâtiments ont été tués, selon des témoins.

Un 11 du mois

Le gouvernement a annulé sa réunion hebdomadaire pour suivre les événements, a-t-on annoncé de source officielle. Le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkahdem, a déclaré que «rien ne peut justifier le crime».

Ces deux attentats surviennent un 11 du mois, comme ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, comme ceux du 11 mars 2004 à Madrid et du 11 avril dernier également à Alger.