Crash Air Algérie: Le manque de formation des pilotes mis en cause par les experts

ENQUETE Les deux pilotes de Swiftair, tous les deux saisonniers, n’avaient pas volé pendant huit mois avant le crash…

20 Minutes avec agences

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Crash Air Algérie: les enquêteurs prélèvent des preuves sur le lieu du crash, le 29 juillet 2014. 
Crash Air Algérie: les enquêteurs prélèvent des preuves sur le lieu du crash, le 29 juillet 2014.  — SIA KAMBOU / AFP

Des lacunes dans la formation des pilotes. Telle serait l’origine du crash de l’avion d’Air Algérie dans lequel 116 personnes avaient péri en juillet 2014, parmi lesquels 54 Français, 23 Burkinabè, des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage espagnols mis à disposition par la compagnie espagnole Swiftair.

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Les experts mandatés dans le volet français de l’enquête ont remis fin décembre leur rapport définitif aux juges d’instruction chargés de l’enquête au pôle accidents de Paris sur le crash du vol AH 5017.

Pas de formation complémentaire sur simulateur

S’ils distinguent plusieurs causes déjà identifiées dans leur prérapport, l’accident aurait été, selon eux, provoqué par la non-activation par les pilotes du système d’antigivre des moteurs, suivie du décrochage de l’avion, un MD 83 du constructeur américain McDonnell Douglas, qui n’a pu être rattrapé par les pilotes.

Cette cause avait déjà été identifiée par le Bureau d’enquêtes et d’analyse français pour la sécurité de l’Aviation civile (BEA), dans son rapport en avril. Les experts notent cependant que les deux pilotes n’étaient pas préparés face à ces situations d’urgence et n’avaient pas effectué de formation complémentaire sur simulateur, sur certaines procédures telles que le décrochage et la récupération.

La « copilote était aussi puéricultrice dans une crèche d’enfants »

Dans leurs conclusions, les experts assurent également que les deux pilotes de Swiftair, tous les deux saisonniers, n’avaient pas volé pendant huit mois avant le crash. « Pour les experts, cette période d’inactivité aurait dû les conduire à suivre un stage de réadaptation », a expliqué Sébastien Busy, avocat qui représente l’association de victimes AH5017 Ensemble, ajoutant au passage que la « copilote était aussi puéricultrice dans une crèche d’enfants ».

« Ce rapport nous amène à considérer qu’il n’y a pas seulement eu des manquements de la part des pilotes, la responsabilité de Swiftair est pointée du doigt. Le défaut de formation n’est pas sans conséquence sur le comportement des pilotes et la survenance de l’accident », a commenté Sébastien Busy. A ce stade, aucune mise en examen n’est intervenue dans cette enquête.