Trump président: Des millions de personnes manifestent dans le monde entier

MANIFESTATIONS Ils ont défilé en Amérique du Nord, au Mexique et en Europe pour la défense des droits civiques et contre le nouveau président américain...

M.C. avec AFP

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Une foule massive manifeste contre Donald Trump à New York, le 21 janvier 2017.
Une foule massive manifeste contre Donald Trump à New York, le 21 janvier 2017. — Don EMMERT / AFP

Pour son deuxième jour en tant que président, Donald Trump a très largement rassemblé… contre lui. A Washington, Mexico, Montréal, Paris, Londres ou Tel Aviv, plusieurs millions de personnes, surtout des femmes, ont participé samedi, bonnets roses sur la tête, aux « Marches des femmes » organisées pour la défense des droits civiques et contre le nouveau président américain.

Un demi-million de manifestants à Los Angeles selon la police, la même chose à New York, plus d’un million à Washington selon les organisateurs, et des centaines de milliers à Chicago, Dallas, San Francisco, St Louis, Denver, Boston et dans des dizaines de villes américaines : le succès a dépassé les espérances des marcheuses et marcheurs, une démonstration de force qui illustre les fractures persistantes de la société américaine face au 45e président, investi vendredi.

« De toute ma vie, je n’aurais jamais pensé que l’Amérique puisse avoir un président en qui je n’ai pas confiance et que je ne respecte pas », commentait Gerri Ingerson, 58 ans, qui dirige une agence de voyage à Baltimore. « Je ne peux pas soutenir un programme de haine et d’intolérance », déclarait elle Michele Phillips, 45 ans, venue de l’Etat de New York.

Davantage d’affluence que pour l’investiture de Trump

A Washington, où avait lieu le plus grand rassemblement, les organisateurs ont été visiblement débordés par le succès de la marche car les manifestants ont envahi des rues autour de la Maison Blanche suivant un itinéraire non prévu, aux cris de « Hey hey, ho ho, Donald Trump doit partir ! »

Une partie du centre-ville autour du bâtiment de l’exécutif était complètement paralysé, la police ayant fini par fermer par des barrières métalliques les accès au parc voisin. Les organisateurs ont relevé leur estimation de participation de 200.000 à 500.000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

Quelque 275.000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50 % de plus que pour l’investiture de Donald Trump la veille à la même heure, selon l’autorité de transport WMATA. A 16h, ils étaient près de 600.000 à avoir emprunté les transports souterrains.

Des milliers de personnes qui n’avaient pas pu accéder à l’Independence Avenue, pleine à craquer, où était prévue la marche, sont allés manifester sur le National Mall voisin, l’esplanade du centre de la capitale, où vendredi une foule de partisans de Donald Trump avaient assisté à son investiture comme 45e président des Etats-Unis. Parmi elles figuraient l’ancienne conseillère du président sortant Barack Obama, Susan Rice, et l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry.

Acteurs et personnalités mobilisés

Plusieurs manifestations avaient également lieu à Boston, New York, Denver ou Los Angeles. A Chicago, la marche s’est transformée en rassemblement compte tenu de l’affluence et réunissait quelque 250.000 personnes, selon les organisateurs.

« L’espoir, pas la peur », « merci de vous lever, de vous exprimer et de marcher pour nos valeurs », a tweeté à leur adresse l’ancienne rivale démocrate de Donald Trump, Hillary Clinton.

Plusieurs personnalités, dont le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrara et Scarlett Johansson, sont venus soutenir la marche de Washington. Madonna a fait une apparition surprise sur scène pour appeler à une « révolution de l’amour » et chanter deux chansons. « Je ne pense pas que [Trump] ait accédé au pouvoir. Le pouvoir est ici », a lancé Michael Moore.

La famille Trump jouait au bowling

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hats »), devenus le symbole de l’opposition à Donald Trump. Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin. C’est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir « attraper » les femmes « par la chatte ».

Le nouvel homme le plus puissant du monde n’a pas réagi à cet événement, mais a tweeté qu’il était « honoré de vous servir, le grand peuple d’Amérique, en tant que 45e président des Etats-Unis ». Donald Trump a assisté samedi matin à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique. Puis la famille présidentielle a joué au bowling à la Maison Blanche, a indiqué sur Twitter son fils Donald Jr.