Sydney, le 21 janvier 2017. - «Marche des femmes» à Sydney en Australie des opposants à Donald Trump. La manifestation principale doit se tenir à Washington où 200.000 personnes sont attendues.
Sydney, le 21 janvier 2017. - «Marche des femmes» à Sydney en Australie des opposants à Donald Trump. La manifestation principale doit se tenir à Washington où 200.000 personnes sont attendues. — Rick Rycroft/AP/SIPA

MONDE

Avant la «Marche des femmes» à Washington, les manifestations anti-Trump ont commencé

Les anti-Trump défilent en Australie, en Nouvelle-Zélande. Avant Paris puis à Washington et dans de nombreuses villes américaines…

Vendredi, des centaines de milliers d’Américains ont célébré l’investiture de Donald Trump à Washington. Ce samedi, ce sont les opposants au nouveau président américain qui se regroupe. La manifestation la plus emblématique – la « Marche des femmes » – doit se tenir dans la capitale fédérale ce samedi. On attend 200.000 personnes venues de tout le pays.

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Les organisatrices annoncent environ 300 « marches sœurs » dans d’autres villes des Etats-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu’au-delà des frontières américaines.

Des milliers de manifestants, hommes et femmes, ont d’ailleurs ouvert la journée en défilant, sans incident, en Australie et Nouvelle-Zélande samedi.

Des manifestants fédérés par une même inquiétude

Et poètes et écrivains dans une trentaine d’Etats d’Amérique et plusieurs villes du globe ont eux annoncé des lectures publiques en dénonciation de Donald Trump. Jamais depuis 40 ans un président des Etats-Unis n’avait suscité une telle défiance à sa prise de fonctions.

Avant même d’avoir achevé ses premières 24 heures à la Maison Blanche, le nouveau président républicain va ainsi se retrouver interpellé par de multiples catégories d’Américains d’origines très diverses, mais fédérés par une même inquiétude.

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Les contestataires de la marche de samedi défileront à partir de 10h00 sur le National Mall de la capitale fédérale, la vaste esplanade en face de laquelle le milliardaire a justement été intronisé 45e président des Etats-Unis vendredi.

On peut donc s’attendre à des comparaisons en termes de mobilisation, d’autant plus que Donald Trump n’a réussi à rassembler qu’environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009, selon une estimation d’un expert cité par le New York Times.

Michael Moore et Scarlett Johansson marcheront

Cette « Marche des femmes », principale manifestation prévue samedi, trouve sa genèse dans un simple appel posté sur Facebook qui a fait tache d’huile. Il émane d’une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant jusque-là dans un anonymat paisible à Hawaï.

Le cinéaste Michael Moore, l’actrice Scarlett Johansson ou la militante des droits civiques Angela Davis sont quelques-unes des célébrités qui s’exprimeront. Les chanteuses Katy Perry et Cher soutiennent cette initiative.

Les organisateurs auront à cœur de se montrer en nombre et dans le calme, après les violences de vendredi dans quelques rues de la capitale, qui ont conduit à l’interpellation de plus de 200 personnes.

#WhyImarch, #NotMyPresident

Près de 225.000 personnes avaient confirmé vendredi leur intention de participer à la marche. Certains signes présagent une forte mobilisation, comme les 1.200 autocars ayant demandé un permis de stationnement, ou l’ampleur prise par l’initiative sur les réseaux sociaux (#WhyImarch, #womensmarch, #NotMyPresident…).

La « Marche des femmes » est aussi soutenue par des dizaines d’organisations progressistes en opposition frontale avec Donald Trump : défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, du droit à l’avortement ou des drogues douces… des écologistes, féministes, pacifistes, homosexuels, Noirs et Amérindiens, bref un melting-pot de citoyens inquiets.

Sans compter le soutien d’Amnesty International et de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial du pays.

Une initiative baptisée « Pussyhat Project » fédère des adeptes du tricot et du crochet qui ont confectionné des chapeaux de maille rose avec des oreilles de chat pour les manifestantes. Le terme « pussy » désigne en anglais l’animal domestique, ou le sexe féminin, Donald Trump ayant été filmé employant ce terme vulgaire dans une vidéo qui avait suscité l’indignation durant la campagne électorale.