VIDEO. Investiture de Donald Trump: Le discours sombre du président divise l'Amérique

ETATS-UNIS Il n'a pas cherché à unifier un pays profondément divisé...

Philippe Berry

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Donald Trump lors de son discours d'investiture, le 20 janvier 2017.
Donald Trump lors de son discours d'investiture, le 20 janvier 2017. — Reiri Kurihaara/AP/SIPA

Certains espéraient un discours rassembleur pour soigner les divisions. Il n’en a rien été. Vendredi, après avoir prêté serment, Donald Trump a promis de « transférer le pouvoir au peuple » et de faire passer « l’Amérique d’abord ». Mais il a également attaqué ses prédécesseurs et Washington, sans tendre la main à tous ceux qui n’ont pas voté pour lui. Et sans surprise, les réactions sont diamétralement opposées, dans un pays plus divisé que jamais.

La droite et l’ultra-droite jubilent

Même les perdants républicains sont beaux joueurs. Jeb Bush, notamment, a félicité le nouveau président. Et Mike Huckabee a salué la présence d’Hillary Clinton.

Mais c’est du côté de la sphère de l’ultra-droite américaine (alt-right) qu’on trouve le plus d’enthousiasme. Le polémiste Mike Cernovich trépigne devant « une nouvelle ère ». Et Richard Spencer, qui avait fait un salut nazi après la victoire de Trump, a apprécié « un discours populiste et identitaire ».

Désavoué par Trump, l’ancien grand « wizard » du Ku Klux Klan, David Duke, jubile : « Nous l’avons fait ! » et il salut le président avec un « hail prez Trump » nauséabond.

Enfin, le Britannique Nigel Farrage, artisan principal du Brexit, voit dans l’investiture de Trump une « révolution politique ».

Les démocrates appellent l’Amérique à « tenir bon »

C’est l’ancien candidat à l’investiture démocrate, Martin O’Maley qui sonne la charge : « Tiens bon, Amérique. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour le pays. »

Daniel Drezner, professeur de géopolitique à l’université Tufs, résume un sentiment partagé par de nombreux démocrates : « Si vous êtes un supporteur de Trump, c’était un excellent discours. Pour le reste du pays, c’est un cauchemar total ».

Chris Rock préfère l’humour, rappelant aux Américains de retarder leurs montres de 300 ans.

Et Trevor Noah, le présentateur du Daily Show, ironise : « Finalement, je crois que Trump a peut-être bien écrit son discours tout seul. »

Un discours très sombre

Le Washington Post liste certains mots employés pour la première fois dans un discours d’investiture : « saigner, carnage, rouillé, triste, tombes ». On est loin de l’optimisme de Ronald Reagan et de sa « cité brillante sur la colline ».

Certains internautes ont d’ailleurs remarqué une forte similitude avec le discours de Bane dans Batman, qui lance à la foule : « On reprend Gotham aux corrompus et on le donne à vous, le peuple. »