«La démocratie a besoin de vous», lance Obama à la presse avant l'arrivée de Trump

ETATS-UNIS Pour sa dernière conférence, le président américain a donné quelques conseils à son successeur...

P.B. avec AFP

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Barack Obama a tenu sa dernière conférence de presse à la Maison Blanche le 18 janvier 2017.
Barack Obama a tenu sa dernière conférence de presse à la Maison Blanche le 18 janvier 2017. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Les adieux d’Obama s’éternisent un peu. Après une longue conférence bilan en décembre, puis un discours émotion à la nation la semaine dernière, le président américain a fait sa dernière apparition devant les journalistes de la Maison Blanche, mercredi. Sans critiquer ouvertement son successeur, il a particulièrement souligné l’importance du contre-pouvoir de la presse.

« L’Amérique a besoin de vous, la démocratie a besoin de vous », a lancé Obama, alors que la semaine dernière, Donald Trump avait refusé de répondre à une question de CNN car il n’avait pas apprécié le traitement des rumeurs russes par la chaîne. « Vous avoir dans ce bâtiment a permis à ce lieu de mieux fonctionner », a souligné le président, estimant que le regard des médias obligeait le pouvoir à rendre des comptes aux citoyens.

L’élection de Trump, « pas la fin du monde »

Il avait gardé quelques conseils pour son successeur. Le plus important : la présidence « est un travail d’équipe », et il faut « apprendre à faire confiance et à déléguer ». C’est sur le conflit israélo-palestinien, sur lequel il s’est dit « profondément inquiet », que le président démocrate a lancé la mise en garde la plus nette à l’homme d’affaires de New York qui a promis d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem, un geste qui sonnerait le glas d’une possible « solution à deux Etats ».

Mettant en garde contre le fait de procéder à des décisions unilatérales « soudaines » dans un environnement potentiellement « explosif », il a aussi appelé à la reprise du dialogue, soulignant combien le statu quo était « dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux Etats-Unis ».

Interrogé sur son état d’esprit après la victoire de Donald Trump, le sortant a enfin insisté : « Je suis profondément convaincu que ça va aller. Ce n’est pas juste ''no drama Obama'' (''Obama le calme''), c’est ce que je crois vraiment ». Poursuivant sur la réaction de ses filles, « déçues mais pas abattues », il s’est montré philosophe, concluant : « Ce n’est pas la fin du monde. » On sera vite fixé : Donald Trump prend ses fonctions ce vendredi.