Yémen: 10.000 civils ont été tués depuis 2015, selon l'ONU

YEMEN Le médiateur des Nations unies s'est entretenu avec le président yéménite pour tenter d'obtenir une trêve dans les combats...

M.C. avec AFP

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Une femme yéménite et ses enfants portent des jerrycans d'eau à Sanaa, le 14 novembre 2016.
Une femme yéménite et ses enfants portent des jerrycans d'eau à Sanaa, le 14 novembre 2016. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Le bilan humain au Yémen est encore plus lourd que ce que l'on pensait. Selon l'ONU, quelque 10.000 civils ont ainsi été tués depuis mars 2015 et le début de l'intervention d'une coalition menée par l'Arabie saoudite. L'organisation, qui jusque-là évoquait le chiffre de 7.000 victimes civiles, a dépêché lundi son médiateur pour le Yémen à Aden, où il s'est entretenu avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

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Le dirigeant yéménite est soutenu par la coalition menée par les Saoudiens. Sa campagne de raids aériens a été lancée après la conquête par les Houthis - rebelles issus de l'importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays -, alliés aux partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, de la capitale Sanaa avançant vers le sud du Yémen.

«Coût humanitaire énorme»

La mission du médiateur des Nations unies, Ismail Ould Cheikh Ahmed, était «d'essayer de présenter [au président yéménite] les dernières propositions en date pour la paix», a expliqué Farhan Haq, porte-parole de l'ONU. Sa rencontre avait vocation en particulier à obtenir une trêve dans les combats, alors que le lourd tribut humain payé par le pays «souligne le besoin de trouver une solution à la situation au Yémen sans plus attendre», a ajouté Farhan Haq, déplorant «un coût humanitaire énorme».

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L'envoyé de l'ONU espère raviver le processus de paix dans le pays après le rejet par le président Hadi de la feuille de route qu'il avait proposée. Il doit rendre compte de sa mission devant le Conseil de sécurité plus tard ce mois-ci.

«L'impasse politique actuelle entraîne la mort et la destruction chaque jour»

Cette feuille de route prévoit un nouveau gouvernement d'union et un retrait des rebelles de la capitale et d'autres villes. Et aussi une réduction importante des pouvoirs présidentiels au profit d'un vice-président chargé de superviser la formation d'un gouvernement provisoire pour diriger le pays dans l'attente d'élections.

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«L'impasse politique actuelle entraîne la mort et la destruction chaque jour. La seule façon d'arrêter cela est par une nouvelle cessation des hostilités, suivie par des consultations pour élaborer un accord complet», a indiqué le médiateur dans un communiqué.