Uribe annonce la création d'une «zone de rencontre» avec les Farc

COLOMBIE Afin de négocier l'échange de 45 otages contre 500 prisonniers...

C. F. Avec AFP

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Le président vénézuélien Hugo Chavez a exclu mercredi "tout type de relation" avec le gouvernement colombien tant que son homologue Alvaro Uribe serait au pouvoir.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a exclu mercredi "tout type de relation" avec le gouvernement colombien tant que son homologue Alvaro Uribe serait au pouvoir. — Mauricio Duenas AFP
Le gouvernement colombien va créer «une zone de rencontre en zone rurale» pour négocier avec les Farc (guérilla marxiste) l'échange de 45 otages des rebelles contre 500 guérilleros, a annoncé vendredi le président Alvaro Uribe.

Dans une zone rurale de 150km2

«L'Eglise catholique nous a proposé la création d'une zone de rencontre et le gouvernement a manifesté sa disposition à l'accepter», a affirmé le président Uribe.

«Cette zone de rencontre en zone rurale sera de 150 km2, des observateurs internationaux seront présents dans cette zone de préférence sans population civile ou très peu», a ajouté le chef de l'Etat colombien qui a fait cette annonce depuis l'école de police à Bogota.

Il ne devrait pas y avoir dans cette zone «des postes militaires ou de police qu'il faille déplacer», a-t-il ajouté. «Les parties participant aux négociations ne doivent pas être armées», a-t-il précisé.

30 jours pour négocier

Le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, présent au moment de cette annonce, a précisé que cette zone devrait avoir une durée d'existence de seulement 30 jours. Le président Uribe a en outre annoncé la création d'un fonds spécial de 100 millions de dollars destiné à payer les guérilleros des Farc, qui livrent leurs otages aux autorités.

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib) a salué «ce geste qu'elle espère positif. On aimerait penser qu'il s'agit vraiment là d'un geste humanitaire et d'une ouverture. Néanmoins, l'expérience des dernières années nous montre que des propositions unilatérales proposées via la presse, sans discussions préalables, ont souvent été utilisées par le pouvoir colombien comme un moyen assez efficace de "fermer des portes" plutôt que les ouvrir», a déclaré Olivier Roubi, vice-président de la Ficib, dans un communiqué.

Les Farc pour une zone de démilitarisation permanente

Selon lui, cette proposition de zone de rencontre avait par ailleurs déjà été rejetée par les Farc en décembre 2005. Les guerilleros demandent, eux, une «zone de démilitarisation» permanente où l'armée colombienne ne puisse pas les attaquer. «Ils savent très bien qu'une fois l'échange d'otages réalisé, ils risquent d'être la cible des militaires», explique
à 20minutes.fr Olivier Roubi, qui craint que la proposition d'Uribe ne soit qu'une excuse pour lancer un sauvetage militaire des otages après un refus probable des Farc. C'est pourquoi la Ficib appelle ces derniers à «prendre Alvaro Uribe au mot et à saisir cette opportunité de dialogue».