Mouammar Kadhafi, partenaire difficile mais incontournable des Occidentaux

PORTRAIT Le leader libyen sera reçu lundi à Paris par Nicolas Sarkozy...

avec AFP

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Washington et Tripoli avaient rétabli au niveau des sections d'intérêts leurs relations diplomatiques début 2004, quelques semaines après que le dirigeant Mouammar Kadhafi avait annoncé le 29 décembre 2003 renoncer à acquérir des armes de destruction massive.
Washington et Tripoli avaient rétabli au niveau des sections d'intérêts leurs relations diplomatiques début 2004, quelques semaines après que le dirigeant Mouammar Kadhafi avait annoncé le 29 décembre 2003 renoncer à acquérir des armes de destruction massive. — Seyllou AFP/Arch.

Personnage excentrique et inquiétant, Mouammar Kadhafi est le plus ancien dirigeant arabe et africain. Attendu lundi à Paris, celui qui dirige la Libye depuis 38 ans est devenu au fil du temps ans un partenaire difficile mais incontournable des Occidentaux.

«Sous la tente»

Né, selon sa propre légende, sous une tente bédouine dans le désert de Syrte en 1942, le colonel Kadhafi, fils de berger de la tribu de Gaddafa, reçoit une éducation religieuse rigoureuse avant de rentrer dans l'armée en 1965. Il avait 27 ans quand il a renversé le 1er septembre 1969, sans qu'une goutte de sang ne soit versée, le vieux roi Idriss. En 1977, il proclame la «Jamahiriya», qu'il définit comme un «Etat des masses» qui gouvernent par le biais de comités populaires élus, et s'attribue le seul titre de «Guide de la révolution».

Son style de vie, ses tenues traditionnelles, sa façon fantasque d'exercer le pouvoir sur cet immense et riche pays pétrolier, peu peuplé, apparaissent incongrus et imprévisibles pour les Occidentaux, mais aussi pour les Arabes. En saharienne kaki, en uniforme militaire chamarré d'or ou en gandoura, la robe des Bédouins, Kadhafi aime recevoir sous la tente https://www.20minutes.fr/article/172328/Monde-La-rencontre-pleine-d-imprevus-entre-Sarkozy-et-Khadafi.php , dans le désert ou dans la cour de la caserne Bab El Azizia, au centre de Tripoli, bombardée en 1986 par les Américains.

Il fait attendre des heures, parfois des journées dirigeants étrangers et journalistes. Mais il sait les garder très longtemps, buvant le thé et refaisant le monde. Lors d'un sommet arabe, en 1988, on l'a vu la seule main droite gantée de blanc. Il expliquait qu'il voulait ainsi éviter de serrer la main à des gens ayant «les mains tachées de sang». Au sommet suivant, il se trouvait à côté de l'ex-roi saoudien Fahd. Fumant un gros cigare, il se tournait ostensiblement vers son voisin chaque fois qu'il exhalait la fumée.

Démantèlement de ses programmes secrets d’armement

Traité pendant des décennies en chef d'un Etat «terroriste», il a récemment décidé de se réconcilier avec l'Occident. En 2003, à la surprise du monde entier, il annonce le démantèlement de tous ses programmes secrets d'armements. Ensuite, il reconnaît la responsabilité de son pays dans les attentats contre un avion américain au-dessus de Lockerbie (270 morts en 1988), et contre un avion français au Niger (170 morts en 1989) et verse des indemnisations aux familles des victimes. La fondation Kadhafi, présidée par l'un de ses huit enfants, Seif Al-Islam, contribuera à régler ces conflits, de même que récemment l'affaire des infirmières bulgares.