ETA: les gardes civils tués étaient à la recherche de «Txeroki»

ESPAGNE Il s'agit du chef militaire de l'organisation indépendantiste basque armée...

avec AFP

— 

Le couple interpellé mercredi en Lozère a reconnu son appartenance à ETA, a affirmé jeudi le procureur de la République de Paris, en précisant que les enquêteurs soupçonnaient la jeune femme d'être l'auteur des coups de feu qui ont tué les deux gardes civils espagnols à Capbreton.
Le couple interpellé mercredi en Lozère a reconnu son appartenance à ETA, a affirmé jeudi le procureur de la République de Paris, en précisant que les enquêteurs soupçonnaient la jeune femme d'être l'auteur des coups de feu qui ont tué les deux gardes civils espagnols à Capbreton. — AFP/Archives
Un gros poisson. Les deux gardes civils espagnols tués samedi en France par un commando présumé de l'ETA faisaient partie d'un dispositif qui cherchait à cerner le chef militaire de l'organisation indépendantiste basque armée, «Txeroki», a assuré vendredi le quotidien espagnol «El Mundo».

Le troisième homme du commando?

«Ils étaient membres d'un important dispositif policier franco-espagnol qui en était à sa phase finale» et cherchait à mettre la main sur «l'un des etarras les plus recherchés», Garikoitz Aspiazu, alias «Txeroki», écrit «El Mundo». Selon le quotidien libéral espagnol, les responsables de l'Intérieur des deux pays prévoyaient de resserrer ce week-end leur filet sur cet homme, qu'ils identifiaient sous le nom de code de «l'Indien».

Le journal évoque indirectement, comme d'autres médias espagnols l'ont fait ces derniers jours, la possibilité que «Txeroki» pourrait avoir été le troisième membre du commando impliqué dans la fusillade samedi dernier à Capbreton dans les Landes (sud-ouest).

Ce qui «rend perplexes les spécialistes», souligne «El Mundo», c'est que les membres du commando présumé de l'ETA ayant rencontré fortuitement les deux gardes civils dans une cafétéria de Capbreton «n'ont pas fui, comme ils le font à chaque fois qu'ils détectent une présence policière en France». Au lieu de cela, ils ont visiblement décidé de vérifier que les deux Espagnols en civil, qui assuraient une mission de renseignement, étaient bien des membres des forces de sécurité de Madrid.

Prendre la décision de tuer

«Cet élément renforce l'hypothèse selon laquelle le troisième membre du commando était quelqu'un jouissant d'un poids suffisant (au sein de l'ETA) pour prendre la décision de tuer les deux gardes civils, sans avoir à en référer ou à en demander l'autorisation à quiconque», écrit le journal.

Les deux autres membres du commando, Saioa Sanchez Iturregi et Asier Bengoa Lopez de Armentia, ont été interpellés mercredi en France, et sont actuellement interrogés par les enquêteurs français.