Stratégie à haut risque avec les Farc

A. Le Goff - ©2007 20 minutes

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Nicolas Sarkozy a un rêve : « sauver une femme en danger de mort », Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des Farc depuis 2002, et la voir revenir parmi les siens pour Noël. C'est en substance ce que dit le président français dans le message vidéo qu'il a envoyé avant-hier au chef du groupe marxiste, Manuel Maru­landa. Un geste inédit - jamais le leader des Farc n'avait ainsi été sollicité - et qualifié d'« historique » par les proches de l'otage franco-colombienne. Hier soir, les Farc ont réagi dans un communiqué appelant Nicolas Sarkozy à plus d'impartialité : « Une médiation internationale ne doit pas favoriser une partie ou une autre, sous peine de perdre sa crédibilité. » La guérilla juge toutefois « louable » l'initiative du président français.

Depuis la semaine dernière et la diffusion de la preuve de vie de l'otage franco-colombienne, Bogota s'est tournée vers Nicolas Sarkozy pour l'aider « dans la recherche d'une solution humanitaire ». Demande sincère ou exprimant au contraire l'irritation d'Uribe ? L'Elysée a en tout cas pris le temps de répondre, et sans passer par le canal des autorités colombiennes. Le président français, si prompt au déplacement, ne semble pas non plus sur le départ. Bien que détenant un certain nombre d'éléments, l'Elysée paraît craindre une situation évolutive et complexe.

Nicolas Sarkozy n'a manqué aucune occasion de faire avancer les négociations. C'est pour cela qu'il a reçu Hugo Chavez, le 2 novembre dernier. Le président vénézuélien avait été chargé par son homologue colombien d'une médiation avec les guérilleros. La mission lui sera finalement retirée quelques jours après sa venue à Paris. Bogota n'aime pas qu'on s'immisce dans ses affaires.