Dieselgate: Première inculpation d'un dirigeant de Volkswagen aux Etats-Unis

AUTOMOBILE Il est poursuivi pour avoir joué un rôle-clé dans la «conspiration» visant à tromper les autorités américaines et les automobilistes...

20 Minutes avec AFP
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Le logo de Volkswagen
Le logo de Volkswagen — PAUL J. RICHARDS / AFP

Les autorités américaines ont procédé lundi à la première inculpation d’un dirigeant de Volkswagen dans l’enquête sur le scandale des moteurs truqués, tout en accusant la direction du géant allemand d’avoir sciemment dissimulé la supercherie en 2015.

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Arrêté samedi à Miami (sud-est), Oliver Schmidt est poursuivi pour avoir joué un rôle clé dans la « conspiration » visant à tromper les autorités américaines et les automobilistes sur le niveau réel des émissions de gaz polluantes des voitures Volkswagen, a annoncé le département de la Justice (DoJ).

Il a « trompé et induit en erreur » les régulateurs américains

Fin 2015, le premier constructeur automobile européen avait reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux Etats-Unis, d’un logiciel faussant le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant jusqu’à 40 fois les normes autorisées.

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Employé entre 2012 et 2015 sur le site de Volkswagen de Hauburn Hills, dans le Michigan (nord-est), Oliver Schmidt était alors en charge des relations du constructeur avec les autorités américaines, notamment les agences de l’environnement fédérale (EPA) et californienne (Carb) chargées d’homologuer les voitures en vue de leur mise en circulation.

A l’été 2015, quelques mois avant que le scandale n’éclate, il s’était rendu aux Etats-Unis et avait « trompé et induit en erreur » les régulateurs américains qui cherchaient à comprendre des écarts de résultats constatés entre des tests en laboratoire et en conditions réelles, indique l’acte d’accusation.

La direction du groupe avait décidé de garder le silence

Oliver Schmidt, qui avait été promu et transféré au siège du groupe à Wolfsburg, en Allemagne, en mars 2015, a choisi de cacher le fait que « VW trichait de manière intentionnelle (…) afin de continuer à vendre des voitures diesel aux Etats-Unis », indique le document.

Selon le DoJ, la direction du groupe avait été peu après, en juillet 2015, informée par Oliver Schmidt de « l’existence, de la finalité et des caractéristiques » du logiciel truqueur mais a décidé de garder le silence. « Au lieu de plaider pour la reconnaissance de l’existence du logiciel truqueur auprès des autorités américaines, la direction exécutive de VW a autorisé qu’elle continue d’être dissimulée », affirme l’acte d’accusation, sans citer toutefois le nom de responsables.