Accusations de viols en Centrafrique: Aucun soldat français mis en examen, faute de preuves

ENQUETE Magistrats et gendarmerie prévôtale ne sont pas parvenus à corroborer matériellement les accusations portées contre les soldats après deux ans et demi d’investigations…

20 Minutes avec agences

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Un soldat français de la mission Sangaris, à Bangui le 4 juin 2014
Un soldat français de la mission Sangaris, à Bangui le 4 juin 2014 — MARCO LONGARI AFP

Aucune preuve, ni mise en examen. L’enquête des juges français sur les accusations de viols sur des mineurs portées contre des soldats de la force Sangaris déployée en Centrafrique n’aura rien donné.

Non-lieu probable

Dans l’information judiciaire, appartient désormais au parquet de Paris de prendre ses réquisitions avant une décision définitive des juges. Mais faute de personnes mises en examen, le dossier pourrait s’acheminer vers un non-lieu.

Depuis mai 2015, trois juges d’instruction enquêtaient sur des accusations de viols commis dans le camp de déplacés de M’Poko, près de l’aéroport de Bangui, entre décembre 2013 et juin 2014, et visant au départ 14 militaires français de la force Sangaris, déployée depuis décembre 2013 pour restaurer la sécurité dans le pays.

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Des variations dans certaines versions livrées par les enfants

Les magistrats et la gendarmerie prévôtale ne sont cependant pas parvenus à corroborer matériellement les accusations portées contre les soldats après deux ans et demi d’investigations.

De leur côté, les juges qui se sont rendus en République centrafricaine en juillet 2015 puis à l’été 2016 pour y recueillir les témoignages d’une dizaine d’enfants se sont heurtés à un travail complexe et à des variations dans certaines versions : des enfants qui se disaient témoins s’étant ensuite déclarés comme victimes. Quant aux six militaires désignés comme pouvant être les agresseurs des enfants, ils ont affirmé avoir donné des rations alimentaires, mais nié tout abus sexuel.

Une autre enquête classée sans suite le 25 novembre et une autre toujours en cours

Ce scandale était resté secret jusqu’à ce que le journal britannique The Guardian​ révèle, fin avril 2015, l’existence d’une note confidentielle des Nations unies contenant les accusations d’enfants centrafricains faisant état d’abus sexuels en échange de nourriture ou de petites sommes d’argent. Informé dès juillet 2014, le ministère français de la Défense avait saisi le parquet de Paris qui avait ouvert une enquête préliminaire, avant de confier une information judiciaire à des juges.

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Pour rappel, deux autres enquêtes, portant également sur des allégations d’abus sexuels qui auraient été commis par des militaires français déployés dans le pays, ont été ouvertes parallèlement sous l’autorité du parquet de Paris : l’une, portant sur le cas d’une jeune fille qui s’était dite victime d’un viol à l’été 2014 avant d’évoquer un rapport consenti non protégé, a été classée sans suite le 25 novembre et l’autre est toujours en cours, selon une source judiciaire.

En revanche, le parquet de Paris poursuivrait ses investigations dans une enquête préliminaire ouverte en avril dernier après un signalement de l’ONU sur des soupçons d’agressions sexuelles sur trois mineures, entre 2013 et 2015 à Dékoa, dans le centre du pays.

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