«Biens mal acquis»: Le procès de Teodorin Obiang à Paris reporté en juin

JUSTICE Le fils du président de Guinée équatoriale est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Marsigny, l'avocat de Teodorin Obiangon, le 2 janvier 2016.AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
Emmanuel Marsigny, l'avocat de Teodorin Obiangon, le 2 janvier 2016.AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP

Le suspense est entretenu. La justice française a accepté mercredi de reporter au mois de juin le procès à Paris de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et lui-même vice-président de son pays, accusé de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable.

Le premier procès dans l’affaire des « biens mal acquis » se tiendra finalement du 19 juin au 6 juillet, a décidé mercredi le tribunal correctionnel de Paris, accédant à la demande de report de la défense de Teodorin Obiang. Il a souligné notamment que ses avocats n’avaient bénéficié que d’un délai de huit semaines pour préparer l’audience. Neuf audiences sont prévues devant la 32e chambre du tribunal.

Teodorin Obiang encourt dix ans de prison

Interrogé sur la présence du prévenu au futur procès, l’un de ses avocats, Emmanuel Marsigny, a expliqué qu’il ne disposait pas de l’agenda officiel du vice-président équato-guinéen, absent lundi à l’ouverture des débats qui devaient initialement se tenir jusqu’au 12 janvier.

Ancien ministre de l’Agriculture et des forêts, promu fin juin vice-président par son pèreTeodoro Obiang Nguema, le prévenu est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption.

Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre quelque 50 millions d’euros, mais conteste les infractions qui lui sont reprochées. A l’ouverture des débats lundi, en l’absence du prévenu, ses avocats ont demandé le renvoi du procès, estimant que les délais étaient trop courts pour préparer « effectivement » sa défense.

Le parquet national financier, comme l’avocat de l’association Transparency International, William Bourdon, ont fait part de leur opposition, voyant dans cette demande une nouvelle « manœuvre dilatoire ». Et ce dans une procédure où Teodorin Obiang a multiplié les voies de recours, principalement pour soutenir, jusqu’à la Cour de cassation, qu’il serait protégé par une immunité diplomatique. En vain.n.