Une jeune femme se recueille à proximité de la discothèque Reina à Istanbul (Turquie) où un homme a tiré sur la foule faisant 39 victimes.
Une jeune femme se recueille à proximité de la discothèque Reina à Istanbul (Turquie) où un homme a tiré sur la foule faisant 39 victimes. — BULENT SELCUK BULENT/SIPA

TERRORISME

Attentat en Turquie: Jet-set, footballeurs, jeunesse dorée fréquentaient le Reina

Trente-neuf personnes ont été tuées dans la boîte de nuit d’Istanbul lors du passage au Nouvel An…

C’est un haut lieu de la vie nocturne d’Istanbul qui a été attaquée le 31 décembre. Lors des célébrations du Nouvel An, un terroriste déguisé en père Noël a ouvert le feu dansla discothèque Reina. Trente-neuf personnes sont décédées. Cette boîte de nuit stambouliote était un lieu prisé de la jeunesse branchée, des célébrités et des touristes étrangers de passage en Turquie.

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Situé au bord du Bosphore dans la partie européenne d’Istanbul, le club, qui a ouvert en 2002, est aussi accessible par bateau directement depuis le détroit. Il faut généralement montrer patte blanche pour y passer la soirée et trouver grâce aux yeux de videurs qui ne laissent entrer que des clients triés sur le volet.

Les soirées commencent souvent bien après minuit dans ce club très select doté de plusieurs restaurants, pistes de danse et d’un bar central. La vue depuis la terrasse est spectaculaire avec l’un des trois imposants ponts qui enjambent le Bosphore situé juste au-dessus et les lumières de la rive asiatique qui scintillent au loin.

Devenue un lieu de rencontres pour les vedettes de foot et celles de séries télévisées

En dépit de l’islamisation croissante de la société dont se plaignent les détracteurs du président Recep Tayyip Erdogan depuis que son parti est au pouvoir, le club Reina est resté l’un des repaires incontournables de la jet-set turque et des fêtards pas trop regardants sur la dépense.

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Au fil des ans, la boîte de nuit est devenue un lieu de rencontres pour les vedettes des équipes de football stambouliotes et celles de séries télévisées très suivies en Turquie.

« #Reina. Priez pour Istanbul », a ainsi tweeté l’attaquant vedette de Galatasaray, Lukas Podolski.

Sefa Boydas, footballeur professionnel qui joue pour la modeste équipe stambouliote de Beylerbeyi, et qui était dans la boîte de nuit samedi soir, raconte qu’il avait eu un mauvais pressentiment et qu’il avait hésité à sortir. « Mais un ami m’a dit : “Ça ne peut pas arriver dans un endroit comme Reina”. J’ai répondu qu’en fait c’est exactement le genre d’endroit qui est visé », a-t-il raconté à l’AFP.

« Nos cœurs saignent »

Le propriétaire du Reina, Mehmet Kocarslan, a condamné l’attaque dans un message publié sur sa page Facebook, dont la photo de profil a été remplacée par un fond noir en signe de deuil.

« Nos cœurs saignent », a-t-il écrit, expliquant que ces dernières semaines les mesures de sécurité avaient été considérablement renforcées dans les quartiers huppés de la rive européenne. Des mesures avaient été prises notamment par les garde-côtes eux-mêmes sur le Bosphore. « Malgré tous ces efforts des forces de sécurité, c’est arrivé. Nous ne savons pas quoi dire. Les mots nous manquent », ajoute-t-il.

Jusqu’ici synonyme de fête, le nom de Reina sera désormais associé à ce massacre commis pendant la célébration du Nouvel An.