Mexique: Agressée, une sénatrice témoigne sur les réseaux sociaux et se fait insulter

FAITS DIVERS «J’ai été attaquée uniquement parce que je suis une femme», a expliqué Ana Gabriela Guevara, avant que le hashtag «frapper les femmes, c'est du bonheur» ne soit créé...

20 Minutes avec agence

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Après avoir témoigné de son agression par quatre hommes début décembre 2016 à Mexico, l'ex-athlète devenue sénatrice Ana Gabriela Guevara a récolté soutiens... et insultes sur Internet.
Après avoir témoigné de son agression par quatre hommes début décembre 2016 à Mexico, l'ex-athlète devenue sénatrice Ana Gabriela Guevara a récolté soutiens... et insultes sur Internet. — EFE/Twitter

Après avoir témoigné de son agression par quatre occupants d’une camionnette au début du mois de décembre à Mexico, l’ex-athlète mexicaine devenue sénatrice Ana Gabriela Guevara a récolté soutiens… et insultes. Le hashtag #GolpearMujeresEsFelicidad (« frapper les femmes, c’est du bonheur ») a même été créé à l’occasion, note Le Monde qui relate cette affaire.

« Ils m’ont insultée puis frappée par-derrière »

L’affaire remonte au 11 décembre. Ce jour-là, Ana Gabriela Guevara roule aux abords de Mexico City. La championne du monde du 400 m en 2003 à Paris, médaillée d’argent aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004 est au guidon d’une grosse Harley Davidson, en compagnie d’une amie qui pilote une Ducati.

Dans un embouteillage, l’ex-athlète est percutée par une camionnette. Elle ne semble pas blessée, mais sa moto tombe lourdement. Elle interpelle donc le conducteur. L’explication tourne mal. « Deux hommes sont descendus du véhicule. Ils m’ont insultée puis frappée par-derrière. Deux autres m’ont cognée dans les côtes, me faisant tomber à terre. Les quatre individus m’ont ensuite tabassée à coups de pied sur le visage et le corps », a témoigné la sénatrice sur les réseaux sociaux. Les agresseurs prennent la fuite, mais l’amie a le temps de filmer la plaque d’immatriculation du véhicule.

Rendre compte d’une agression qu’elle juge « sexiste »

Bilan pour Ana Gabriela Guevara ? Un traumatisme facial et des fractures à la pommette droite qui lui vaudront une opération chirurgicale. Après ce passage au bloc opératoire, la championne de 39 ans poste des photos de son visage tuméfié aux 22 000 personnes qui la suivent sur Twitter. Son objectif ? Rendre compte d’une agression qu’elle juge « sexiste ».

Mais si celle qui est considérée comme l’une des grandes sprinteuses mexicaines reçoit des messages de soutien, elle doit faire face également aux moqueries et insultes, rapporte Le Monde. Accompagnant son message du hastag #GolpearMujeresEsFelicidad, chacun y va de sa petite phrase (« Pour qu’elles apprennent à ne pas sortir de la cuisine » ou « Si tu es moche et que tu conduis une moto, les gens penseront que tu es un homme »). Côté soutiens, l’indignation est montée d’un cran quand l’opinion a appris, mi-décembre, l’identité du conducteur du véhicule des agresseurs : un ancien policier.

Sept femmes assassinées par jour au Mexique

Deux jours après l’agression, Ana Gabriela Guevara a organisé une conférence de presse au Sénat dont elle est membre en tant qu’élue du Parti du travail (PT). « Cette marque sur mon visage, ces clous et ces plaques me rappelleront en permanence mon combat contre la violence de genre » a-t-elle souligné, assurant avoir été attaquée uniquement « parce qu’elle est une femme ».

Selon Le Monde, au Mexique où le terme « féminicide » est inscrit dans la loi depuis 2007, on compte sept femmes assassinées par jour.