Betancourt: le Haut commissaire colombien pour la paix ajourne son séjour en France

COLOMBIE Il devait proposer à Nicolas Sarkozy de participer à une réunion avec les Farc...

C. F. Avec AFP

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Le contenu de la lettre désespérée de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, premier signe de vie depuis 2003, alimente l'inquiétude de sa famille qui a exhorté samedi les présidents français, vénézuélien et colombien à agir "avant qu'il ne soit trop tard".
Le contenu de la lettre désespérée de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, premier signe de vie depuis 2003, alimente l'inquiétude de sa famille qui a exhorté samedi les présidents français, vénézuélien et colombien à agir "avant qu'il ne soit trop tard". — AFP/Présidence colombienne
Le gouvernement colombien va proposer au président français Nicolas Sarkozy de participer à une prochaine réunion avec les guérilleros des Farc (marxistes) pour négocier la libération des otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a révélé mardi dans la journée Mauricio Lizcano, membre de la commission pour la paix du Congrès.

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Mais mardi soir, on apprenait que le Haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, qui devait partir pour Paris afin de présenter cette proposition au chef de l'Etat français, avait ajourné son voyage, à la demande du gouvernement français. «Le gouvernement de Colombie continuera, en coordination avec le gouvernement français, à prendre les mesures opérationnelles qui permettent de parvenir à un accord humanitaire», indiqu le communiqué colombien. Mardi, peu après 23h30, ni la France, ni les proches d'Ingrid Betancourt n'avaient réagi à cette annonce.

Auparavant, Mauricio Lizcano avait indiqué que le Haut commissaire colombien pour la paix devait dire à Nicolas Sarkozy que «la France est son partenaire stratégique et lui demandera d'être présent à cette réunion (avec les Farc) où d'envoyer l'un de ses délégués», a affirmé Mauricio Lizcano.

L'Elysée dit réfléchir

La présidence française avait répondu en indiquant qu'elle réfléchissait avant de se prononcer. «Ça demande un peu de réflexion, il faut prendre le temps de la réflexion pour voir quelle est la meilleure stratégie», a déclaré un haut responsable de l'Elysée. La présidence française «n'a pas l'impression d'être instrumentalisée par quiconque» et ne souhaite pas «se précipiter sur chaque porte qui s'ouvre», a précisé ce responsable à la presse. «On n'a pas le droit de se tromper, nous avons besoin d'un peu de réflexion pour choisir le bon vecteur».

Nicolas Sarkozy entend se rendre en Colombie «pour y être utile», a encore souligné ce responsable, rappelant que la priorité du chef de l'Etat était la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages.

Médiation de Chavez interrompue

Du côté des proches et des comités de soutien d'Ingrid Betancourt, cette annonce était bien accueillie. Mélanie Delloye, la fille de l'otage franco-colombienne, a estimé qu'il s'agissait d'une «très, très bonne nouvelle». «Je sais que les mots de Maman, que les images qu'on a vues, vont faire avancer les choses», a-t-elle poursuivi sur Europe 1.

«Bonne nouvelle» également pour
Olivier Roubi, vice-président de la Fédération Internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib). «Toutes les initiatives sont les bienvenues hormis le sauvetage militaire», a-t-il réagi pour 20minutes.fr. «Nous demandons tout de même que le président vénézuélien Hugo Chavez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba poursuivent leur médiation. Ce sont eux qui ont obtenu les preuves de vie des otages et non les autorités colombiennes, qui les ont juste interceptées», souligne-t-il.

Le président colombien Alvaro Uribe a brutalement interrompu la médiation confiée dans cette affaire en août à Chavez le 22 novembre dernier. Les Farc, principale guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 des leurs en échange de celle d'un groupe de 45 otages dont trois Américains ainsi qu'Ingrid Betancourt. Ils avaient indiqué samedi que Nicolas Sarkozy pouvait jouer un rôle «très important» comme médiateur.

Photo d'Ingrid Betancourt remplacée

«Dès le début de son mandat en tant que Président, Nicolas Sarkozy a toujours fait de la libération d’Ingrid Betancourt, une des priorités françaises. C’est pourquoi nous sommes confiants en sa gestion de ce dossier et heureux de savoir qu’il se dit prêt à "redoubler d’efforts"», a pour sa part déclaré le Comité de soutien d'Ingrid Betancourt à Paris dans un communiqué. Il précise que la photo de l'otage franco-colombienne reçue vendredi dernier sera exposée à la place de celle installée sur le parvis de l'Hôtel de Ville en 2004. La Mairie de Paris a confirmé que l'inauguration aurait lieu mercredi à 17h15, en présence du maire PS Bertrand Delanoë et le nouveau maire de Bogota Samuel Moreno. «Ce constat nous arrache le cœur mais Ingrid Betancourt n’est plus sereine, souriante et en bonne santé», ajoute le comité.