Nucléaire iranien : pour Bush, toutes les options restent «sur la table»

RENSEIGNEMENT Les Iraniens ne chercheraient plus à obtenir l'arme suprême ; pour Paris, il faut continuer «la pression»...

avec AFP

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L'Iran entend relancer ses activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium avant la réunion le 6 mars de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a annoncé le gouvernement iranien lundi.
L'Iran entend relancer ses activités liées à l'enrichissement industriel d'uranium avant la réunion le 6 mars de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a annoncé le gouvernement iranien lundi. — AFP/Archives

Les réactions diplomatiques sur le rapport du renseignement américain expliquant que l’Iran a abandonné son programme nucléaire militaire en 2003 se suivent et ne se ressemblent pas.

A venir sur 20minutes.fr, l'interview d'un spécialiste du dossier nucléaire iranien...

Inflexible, George W. Bush a maintenu l'option d'un recours à la force. «L'Iran était dangereux, l'Iran est dangereux et sera dangereux», a-t-il estimé, précisant que la «meilleure diplomatie» est celle avec laquelle «toutes les options sont sur la table».

Un «problème très grave»

Londres estime que le risque que le danger nucléaire iranien reste un «problème très grave». «Nous devons examiner ce rapport en détail», a indiqué le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown. «Mais d'une manière générale, le gouvernement pense que le rapport confirme que nous avons eu raison de nous inquiéter que l'Iran cherche à développer des armes nucléaires», a-t-il ajouté. Le rapport «montre également que le programme de sanctions et la pression internationale ont un effet».

Même tonalité à Paris où le Quai d'Orsay estime qu'il faut «continuer à maintenir la pression sur l'Iran». La porte-parole du ministère n'a pas souhaité faire de commentaire direct sur le rapport. «Notre position sur le dossier reste inchangée».

Pour l'Union européenne, le rapport «ne remet pas en cause la double approche», «dialogue» avec Téhéran et pressions via des sanctions internationales. Pour Cristina Gallach, la porte-parole du diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, «cela prouve que la transparence sur ses activités nucléaires et sur ses intentions est fondamentale». «Nous continuons à soutenir» la vaste offre de coopération que Javier Solana a présentée à l'Iran en juin 2006, au nom de six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne), a-t-elle précisé.

Des Israéliens qui n'y croient pas

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a reconnu, de son côté, qu'il avait «déjà connaissance de ce rapport américain». «J'en ai parlé la semaine dernière avec l'administration américaine. Il est nécessaire de poursuivre nos efforts avec nos amis américains pour empêcher l'Iran d'accéder à des armes non-conventionnelles».

Son ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, avait contredit plus tôt les conclusions du rapport, affirmant que l'Iran poursuivait probablement son programme nucléaire militaire. Il avait concédé qu'il était «possible» que les Iraniens aient interrompu le processus d'enrichissement d'uranium, nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire, mais l'avaient ensuite repris.

«Pas de danger imminent», selon l'AIEA

A l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les responsables voient dans le rapport la preuve, au contraire, que l'Iran ne présente «pas de danger imminent». Selon un haut responsable, «cela confirme aussi le point de vue du directeur général, Mohamed ElBaradei, qui n'a pas constaté de danger imminent et qu'il reste beaucoup de temps pour négocier» avec Téhéran.

En Iran enfin, le rapport a été bien accueilli. Le chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki, s'est félicité «quand des pays qui avaient des questions sur le dossier iranien, quelles qu'aient été leurs motivations, corrigent leur point de vue». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammed Ali Hosseini, a jugé, quant à lui, que ce rapport «prouvait que les déclarations de Bush et d'autres Américains qui ont toujours parlé d'un danger sérieux du programme nucléaire iranien sont fallacieuses et peu fiables. Selon lui, le renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité des Nations unies est donc «illégal».