Attentat à Berlin: L'antiterrorisme allemand sous le feu des critiques pour avoir sous-estimé Amri

TERRORISME Les services de renseignements ont eu affaire au terroriste à de nombreuses reprises en 2016…

20 Minutes avec AFP

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Des bougies et des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat au camion contre un marché de Noël à Berlin.
Des bougies et des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'attentat au camion contre un marché de Noël à Berlin. — SIPANY/SIPA

Après l’attentat à Berlin qui a fait 11 morts et une cinquantaine de blessés, les services antiterroristes allemands sont montrés du doigt. Ils sont accusés d’avoir sous-estimé la dangerosité d’ Anis Amri, l’auteur présumé de l’attaque.

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Le centre allemand de lutte antiterroriste a eu affaire au terroriste à de nombreuses reprises en 2016. Mais a jugé peu probable qu’il commette un attentat, affirme ce jeudi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Malgré ces indices, le centre antiterroriste a, sur une échelle de 1 à 8 allant du plus dangereux au moins dangereux, attribué à Amri le niveau 5 qui selon le quotidien signifie « qu’un acte de violence est peu probable ».

Des contacts étroits avec l’Etat islamique. Relatant le contenu de rapports du centre antiterroriste, le dernier étant daté du 14 décembre, soit cinq jours avant l’attaque  sur le marché de Noël, le journal allemand souligne que les autorités savaient que le Tunisien tué vendredi en Italie entretenait des contacts étroits avec les milieux djihadistes allemands et avait été catalogué par la police de Dortmund « sympathisant (du groupe) Etat islamique » (EI).

Une volonté de mourir en kamikaze. Les enquêteurs étaient aussi informés qu’Amri avait au moins à une reprise cherché sur internet les moyens de fabriquer une bombe tuyau et avait, dans une discussion en ligne, proposé ses services comme kamikaze, probablement à un membre de l’EI.

De multiples identités. Par ailleurs, les experts du centre antiterroriste avaient établi que le Tunisien disposait de huit identités connues, circulait librement et constamment sur le territoire allemand et avait ses entrées dans une école islamique de Dortmund soupçonnée de préparer ceux voulant rejoindre les rangs de l’EI en Syrie et en Irak.

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« Une connaissance » de la police. Dans son rapport du 14 décembre, l’antiterrorisme avait par ailleurs relevé qu’Amri disposait d’une « expérience (du fonctionnement) de la police » et de « la conspiration » inhabituelle même pour un islamiste radical. Néanmoins, les enquêteurs ont perdu la trace d’Amri en novembre.