L'OSCE cible d'une attaque informatique attribuée à des hackers russes

SECURITE La cyberattaque n’a cependant pas interrompu le fonctionnement du réseau...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: sécurité informatique, piratage.
Illustration: sécurité informatique, piratage. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Les serveurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont été touchés à l’automne par un « important » piratage informatique, mettant en danger « la confidentialité » de son réseau, a indiqué l’organisation ce mercredi.

« L’OSCE s’est rendu compte début novembre de la survenue d’un incident important de sécurité informatique, compromettant la confidentialité de son réseau informatique interne et mettant en danger sa protection », a indiqué à l’AFP Mersiha Causevic Podzic, une porte-parole de l’organisation basée à Vienne, confirmant une information du Monde.

Des hackers russes responsables ?

Cette cyberattaque n’a cependant pas interrompu le fonctionnement du réseau, a-t-elle précisé sans détailler la forme du préjudice subi.

Selon Le Monde, un service de renseignement occidental attribue la responsabilité de ce piratage au groupe de hackers russes APT28 également connu sous les noms Sofacy, Pawn Storm, Tsar team ou Fancy Bears.

La porte-parole de l’OSCE n’a pas commenté cette allégation, précisant cependant que le mode opératoire de l’attaque avait été identifié ainsi « que des destinataires de communication externe ».

L’OSCE, une instance de dialogue Est-Ouest datant de la Guerre froide, assure notamment depuis 2014 une mission d’observation du conflit en Ukraine opposant les forces gouvernementales à des séparatistes prorusses.

Des attaques pouvant à bousculer le jeu politique

« Si ce type de piratage à l’OSCE peut avoir un intérêt, c’est sur les "conflits gelés" (type Nagorny-Karabakh), la crise ukrainienne et la mission d’observation de l’OSCE en Ukraine », a estimé Véronique Roger-Lacan, représentante de la France auprès de l’OSCE interrogée par l’AFP.

« Les diplomates en poste à l’OSCE sont de toute façon avertis que les tentatives d’espionnage, sous quelque forme qu’elles soient, sont intrinsèques à l’activité de l’organisation », a-t-elle ajouté.

La Russie est aussi au centre des accusations américaines de piratage des ordinateurs du parti démocrate qui ont perturbé la campagne électorale américaine. Ces attaques informatiques inquiètent aussi en Europe où Berlin a dit craindre qu’elles viennent bousculer le jeu politique lors des législatives allemandes de 2017.

>> A lire aussi : La France est sous la menace de cyberattaques à motif politique

Vulnérabilité de l’Allemagne

La vulnérabilité de la première puissance européenne a notamment été démontrée fin novembre par le piratage des routeurs du principal opérateur du pays, Deutsche Telekom.

Mais de nombreux autres Etats ou entreprises privées sont régulièrement la cible de cyberattaques devenues un véritable enjeu de sécurité nationale, selon les experts. Elles peuvent être le fait d’autres Etats, de hackers, de groupes terroristes ou criminels.

Une série d’attaques visant le secteur financier russe s’est également produite cet automne.

La Russie s’est dotée début décembre d’une nouvelle doctrine de « sécurité » visant à répondre notamment à cette menace des cyberattaques.