Turquie: Erdogan accuse (encore) l'Occident de soutenir Daesh en Syrie

TERRORISME Pour le président turc, « c’est parfaitement évident »…

N.Beu. avec AFP

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Recep Tayyip Erdogan
Recep Tayyip Erdogan — Kayhan Ozer/AP/SIPA

Le nouvel ami de Vladimir Poutine  a lui aussi une dent contre l’Occident. Mardi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé l’Europe et les Etats-Unis de ne pas tenir leurs promesses en Syrie et d’y soutenir des « groupes terroristes », dont l’organisation de l’Etat islamique (EI).

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« Les forces de la coalition ne tiennent malheureusement pas leurs promesses », a déclaré Erdogan lors d’une conférence de presse avec son homologue guinéen, Alpha Condé, en visite à Ankara. Le président turc s’est plaint que, plutôt que de soutenir la Turquie, l’Occident préfère venir en appui à l’EI ainsi qu’aux Kurdes du Parti de l’Union démocratique (PYD) et de son bras armé, les Unités de protection du peuple (YPG), soutenus par Washington.

Pas une première

Les Occidentaux « soutiennent tous les groupes terroristes, le YPG, le PYD, mais aussi Daesh », a-t-il assuré en utilisant l’acronyme arabe de l’EI. « C’est parfaitement évident », a-t-il affirmé, assurant que la Turquie disposait de preuves en images.

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Ce n’est pas une première. Il avait déjà affirmé que l’Occident soutenait l’EI lors d’un déplacement au Pakistan, en novembre, affirmant à l’époque que l’Occident « se tient actuellement au côté de Daesh » et que les armes des djihadistes sont de fabrication occidentale.

Le président Erdogan s’est tout de même montré confiant mardi, assurant que la Turquie a « désormais complètement encerclé le groupe terroriste Daesh à Al-Bab ». « Oui, nous avons des martyrs (…) mais il n’y a pas de marche arrière possible », a-t-il asséné. Que les forces de la coalition tiennent leurs promesses ou non, « nous poursuivrons notre route avec détermination », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis démentent

L’ambassade américaine à Ankara a nié ce mercredi soutenir Daesh. « Le gouvernement américain ne soutient pas Daesh », affirme l’ambassade dans un message publié sur la page d’accueil de son site internet. Il « ne l’a ni créé ni soutenu par le passé. Les affirmations selon lesquelles le gouvernement américain soutient Daesh sont fausses ».

Le communiqué déplore une « désinformation considérable » qui circule dans les médias turcs, sans mentionner pour autant le président Erdogan, ni son discours.

« Pour ceux qui sont intéressés par la vérité, voici la vérité », peut-on lire au début de ce bref message.

Aucune arme fournie par Washington au PYG ou au PKK

Les Etats-Unis sont alliés en Syrie des Unités de protection du peuple (YPG), qu’Ankara considère comme une organisation « terroriste », alliée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

« Le gouvernement américain n’a pas fourni d’armes ou d’explosifs au PYG ou au PKK - point », réplique le communiqué de l’ambassade, qui assure mener des discussions avec Ankara « sur comment aider au mieux » la Turquie et les rebelles syriens dans leur lutte contre l’EI, notamment dans le fief jihadiste d’Al-Bab où les forces turques sont actuellement engagées.

Le soutien américain aux milices kurdes et les critiques de Washington à l’égard des politiques menées en Turquie depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet provoquent une colère croissante d’Ankara, à l’approche de la fin de mandat du président Barack Obama.