Des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se sont rendus lundi sur le chantier du réacteur controversé d'Arak, l'un des sites nucléaires les plus sensibles d'Iran, a indiqué l'agence officielle Irna.
Des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se sont rendus lundi sur le chantier du réacteur controversé d'Arak, l'un des sites nucléaires les plus sensibles d'Iran, a indiqué l'agence officielle Irna. — Atta Kenare AFP/Archives

IRAN

Israël n’y croit pas, la Chine veut une solution diplomatique

Réactions contrastées au rapport sur le nucléaire iranien...

Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a réaffirmé mardi la volonté de la Chine de trouver une solution diplomatique à la crise nucléaire iranienne, après la publication d'un rapport du renseignement américain expliquant que l’Iran a abandonné son programme nucléaire militaire en 2003.

Le renseignement américain a affirmé lundi que l'Iran aurait arrêté ses plans d'armes nucléaires en 2003 et a avoué ne pas connaître ses intentions actuelles, au risque de discréditer à nouveau le discours de George W. Bush sur la menace des armes de destruction massive.

«L'Iran continue probablement son programme»

Des conclusions pas vraiment du goût d’Israël. «L'Iran continue probablement son programme de fabrication de la bombe nucléaire», a assuré le ministre israélien de la Défense Ehud Barak.

Selon le site de la radio militaire, qui diffuse ses propos, Ehud Barak estime possible que les Iraniens aient interrompu le processus d'enrichissement d'uranium, nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire, mais l'aient ensuite repris.

«Un problème urgent»

Des analystes estiment aussi que Washington et ses alliés européens devraient maintenir la pression sur l’Iran. «Cela ne signifie pas que nous ne faisons pas face à un problème urgent, car la capacité croissante de l'Iran à fabriquer du matériel nucléaire reste dangereuse», avertit Michael Levi, expert au Council on Foreign Relations, interrogé par l'AFP. «Nous ne devrions certainement pas penser que l'Iran n'a pas d'ambitions» en matière d'armement, estime cet analyste, auteur d'un livre sur le terrorisme nucléaire.

Selon des observateurs, alors que les Etats-Unis et leurs alliés européens dans le dossier iranien, -France, Grande-Bretagne et Allemagne- vont continuer à faire pression à l'ONU pour obtenir de nouvelles sanctions contre Téhéran, la Russie et la Chine pourraient utiliser ce rapport à l'appui de leur résistance à de nouvelles sanctions.

«Des armes pour défendre sa politique» pour chacun

Le rapport «donne à chaque pays des armes pour défendre sa politique», relève Michael Levi.

Néanmoins, pour Rand Beers, président d'un autre groupe de réflexion, le National Security Network, et ancien conseiller de l'ex-candidat démocrate à la présidentielle John Kerry, ce rapport «refroidit les efforts de ceux qui poussent pour une confrontation militaire avec l'Iran».

«C’est très préoccupant»

Peter Rodman, un ancien responsable du Pentagone de l'administration Bush, estime lui que les Etats-Unis et leurs alliés doivent au contraire renforcer les sanctions économiques et la pression internationale sur l'Iran. «Je vois cela comme une pause, pas un arrêt» des ambitions de l'Iran en matière de programme nucléaire militaire, explique cet expert qui travaille désormais pour la Brookings Institution. «S'ils (les Iraniens) cherchent toujours à obtenir des matériaux fissibles, c'est très préoccupant».

«Ce qu'il faut maintenant, c'est une augmentation de la pression dans un cadre économique», juge cet expert, pour qui «la meilleure chance d'une solution pacifique est d'utiliser pleinement les sanctions économiques».