Mali : Qui est Sophie Pétronin, l’humanitaire française libérée ?

PORTRAIT Enlevée par des djihadites à Gao fin 2016, Sophie Pétronin était connue pour son travail en faveur des enfants maliens

O. P.-V. (avec AFP)

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L'otage française Sophie Pétronin, enlevée à Gao au Mali le 24 décembre 2016 par un groupe lié à Al-Qaïda.
L'otage française Sophie Pétronin, enlevée à Gao au Mali le 24 décembre 2016 par un groupe lié à Al-Qaïda. — Handout / www.liberons-sophie.fr

Elle est désormais libre. Sophie Pétronin, 75 ans, dernière Française retenue en otage dans le monde a été libérée ce jeudi, en compagnie de Soumaïla Cissé, ancien chef de l’opposition parlementaire malienne et deuxième à trois reprises de l’élection présidentielle, kidnappé le 25 mars dernier.

Les dernières images de la Française avaient été reçues mi-juin 2018. Sur la vidéo, elle semblait très fatiguée, le visage émacié, et en appelait au président français Emmanuel Macron. Dans une autre vidéo en novembre 2018, où elle ne figurait pas, ses ravisseurs affirmaient que son état de santé s’était dégradé.

Installée au Mali depuis le début des années 2000

Médecin nutritionniste, Sophie Pétronin s’était installée à Gao, au Mali, au début des années 2000, après avoir découvert le pays en 1996 lors d’une semaine d’itinérance au contact des Touaregs. Ses compétences professionnelles étaient depuis mises au service de l’association suisse « Aide à Gao », qui vient en aide aux enfants mal nourris. Son nom était donc bien connu dans le nord du Mali.

Le 5 avril 2012, elle s’était retrouvée prise dans les conséquences du coup d’Etat. Réfugiée au consulat d’Algérie, Sophie Pétronin avait échappé de peu, déjà, à un enlèvement, dans des circonstances rocambolesques qu’elle racontera quelques semaines plus tard au Dauphiné libéré.

Une première tentative d’enlèvement en 2012

Ce jour-là, des islamistes enlèvent sept diplomates algériens. Elle est exfiltrée avec l’aide de rebelles touaregs – « On a roulé tous feux éteints dans Gao. Une garde armée nous escortait » – et réussit à revenir en France, après avoir traversé « 600 kilomètres de dunes » en une nuit jusqu’à l’ambassade française en Algérie. Elle ne passera que deux mois dans les Cévennes, auprès de sa famille, avant de retourner au Mali. Quatre ans plus tard, elle n’avait pu échapper à un enlèvement par des hommes armés.

En mai 2019, lors d’un hommage à Paris à deux soldats français tués au Burkina Faso lors d’une opération de libération d’otages, le président Emmanuel Macron avait spécifiquement évoqué Sophie Pétronin, « aux mains de ses ravisseurs » : « Nous ne l’oublions pas. Ceux qui attaquent un Français doivent savoir que jamais notre nation n’abandonne ses enfants, quelles que soient les circonstances et fût-ce à l’autre bout de la planète », avait-il affirmé.

Au mois d’avril 2020, la famille de la Bordelaise avait reçu une bonne nouvelle après des mois de silence. « L’Etat français dispose d’une preuve de vie de Sophie fiable en date de début mars », écrivaient ses proches.

Plus d’une centaine de djihadistes condamnés ou présumés ont été libérés au Mali au cours du week-end dernier dans le cadre de négociations pour la libération des deux otages. Les prisonniers ont été relâchés dans le secteur de Niono (centre) et dans la région de Tessalit (nord) vers où ils ont été acheminés par avion, a-t-il dit.

Le fils de Sophie Pétronin, Sébastien Chadaud, avait quitté mardi matin Genève à destination de Bamako, sur fond de rumeur de libération de la septuagénaire. « C’est à son initiative, il est parti ce matin. Il faut rester très prudent… », avait indiqué son neveu.