Chirac s’attaque à la fracture mondiale

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Quatre jours dans deux des pays les plus pauvres du monde. Pour son voyage annuel en Afrique, le président français a choisi de se rendre au Niger, où il est arrivé hier soir, et au Mali. Deux pays du Sahel pour montrer qu’à « la mondialisation de l’économie, il s’agit d’opposer la mondialisation de la solidarité », a expliqué son entourage. Jacques Chirac a en effet promis d’augmenter l’aide public au développement (APD), pour atteindre, en 2007, un montant équivalant à 0,5 % du PIB de la France et le chiffre symbolique de 0,7 % du PIB en 2012, qui correspond à un engagement international. Ou plutôt à une promesse que les pays riches s’étaient engagés à tenir dans les années 1960 et qu’ils n’ont cessé de réaffirmer depuis, sans jamais y parvenir. De 2001 à 2002, l’APD française est passée de 0,32 % du PIB à 0,38 % et devrait s’élever à 0,41 % en 2003. « Si cela continue ainsi, nos engagements seront tenus », assure un diplomate. Une bonne nouvelle pour les pays pauvres, après le recul de l’aide dans les années 1990. Mais, des ONG au Haut Conseil à la coopération internationale, nombreux sont ceux qui s’inquiètent du déséquilibre de l’aide, dont une trop grande partie sert à effacer des créances. Ainsi, les annulations et consolidations de dettes, qui représentaient 8,5 % de l’APD en 2001, s’élevaient à 32 % dans le projet de loi de finances (PLF) 2003. Une réalité admise par le Quai d’Orsay : « Dans le PLF 2004, l’APD hors dette doit augmenter de 3 ou 4 %. Mais c’est dur, reconnaît un diplomate. Et il faut être vigilant en période de contrainte budgétaire. »

les chiffres 5,9 milliards d’euros : l’aide publique au développement française en 2003. 496 millions d’euros : somme versée en 2003 au Fonds européen de développement (FED). La France finance 24,3 % du FED. 42 millions d’euros : montant de l’APD française au Niger. Paris est le premier bailleur de fonds du pays. 60 millions d’euros : somme moyenne versée au Mali par Paris, qui est le premier contributeur bilatéral du pays et le deuxième multilatéral, derrière le FED.