Trump, nucléaire, Syrie... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse annuelle de Vladimir Poutine

RUSSIE Le chef de l'Etat est revenu sur une année où l'influence russe n'a jamais été aussi forte depuis la chute de l'Union soviétique il y a très exactement 25 ans...

20 Minutes avec AFP

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Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle le 23 décembre 2016.
Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle le 23 décembre 2016. — Natalia KOLESNIKOVA / AFP

L’exercice était particulièrement attendu cette année. Pour sa traditionnelle conférence de presse annuelle de fin d’année, Vladimir Poutine a affiché vendredi sa confiance en l'avenir au terme d'une année où tout lui a souri. Des États-Unis avec la victoire qu'il avait prévu de Donald Trump, à la Syrie où il veut mettre un terme à la guerre et installer la Russie durablement, retour sur les trois moments forts de cette prise de parole présidentielle.

  • L’élection de Donald Trump

«Personne, à part nous», les Russes, n'a cru que Donald Trump pouvait être élu président, a lancé Vladimir Poutine, tout en fustigeant les Démocrates de Barack Obama et d'Hillary Clinton pour leur manque de «dignité» dans la défaite. La Russie, et Vladimir Poutine personnellement, ont été accusés par Washington d'avoir perturbé l'élection présidentielle à l'aide de piratages informatiques censés avoir favorisé la victoire de Donald Trump, partisan d'une «normalisation» des relations avec Moscou.

«Le Parti démocrate n'a pas seulement perdu l'élection présidentielle, mais aussi le Sénat, où les républicains ont la majorité, et le Congrès, où les républicains ont la majorité. Est-ce à cause de quelque chose que nous, que moi, avons fait?», a ironisé le président russe.

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«Ils perdent sur tous les fronts mais mettent leurs échecs sur le compte des autres, de facteurs externes. A mon avis, cela sape leur dignité. Il faut savoir perdre avec dignité», a estimé Vladimir Poutine.

Décontracté, sûr de lui, le chef de l'Etat s'est permis un trait d'humour sur le statut de «maître du monde» que lui donnent certains commentateurs. A un journaliste américain qui l'interrogeait sur d'éventuelles élections présidentielles anticipées, Vladimir Poutine lui a répondu avec le sourire: «Dans quel pays?»

  • Force de frappe nucléaire

Vladimir Poutine a également accusé l'administration américaine d'avoir mis leurs deux pays sur la voie d'une nouvelle course aux armements en se retirant du traité ABM sur la limitation des armes stratégiques en 2002.

«Lorsqu'une des parties se retire unilatéralement du traité et affirme qu'elle créera un parapluie anti-nucléaire pour soi-même, alors la deuxième partie doit soit créer le même parapluie ou bien créer des systèmes efficaces pour surpasser ce système de défense antimissile, ce que nous faisons avec succès», a indiqué Vladimir Poutine. «Ce n'est pas nous qui avons lancé (ce processus). Nous avons été forcé à répondre à ce défi», a-t-il ajouté.

La veille, il avait ordonné le renforcement de la force de frappe nucléaire du pays, notamment afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile. Dans la foulée, Donald Trump avait suivi en appelant à renforcer et accroître la capacité des États-Unis en matière d'armement nucléaire. Vladimir Poutine a assuré vendredi ne voir «rien d'inhabituel» et «rien de nouveau» dans cette prise de position.

L'homme fort du Kremlin a de nouveau répété qu'il considérait que la Russie était aujourd'hui «plus puissante que n'importe quel agresseur potentiel».

 

  • L’intervention en Syrie

Ces annonces pleines de détermination viennent au lendemain de l'annonce par l'armée syrienne de la reprise de la totalité de la ville d'Alep, la plus grande victoire pour le président Bachar al-Assad depuis le début de la guerre en 2011, un succès qui n'aurait pas été possible sans le soutien militaire décisif de la Russie.

Vladimir Poutine, qui s'est rendu maître du jeu en Syrie au point d'avoir réussi à écarter presque totalement Washington du processus de règlement du conflit, a jugé vendredi que la reprise d'Alep était «un pas très important» vers la paix.

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Pour l'année à venir, le président a fixé un cap: la fin de la guerre et des négociations de paix entre Damas et l'opposition sous le parrainage de la Russie, de la Turquie et de l'Iran.

«Il faut tout faire pour que les combats cessent sur tout le territoire syrien. En tout cas, c'est ce que nous cherchons à obtenir», a-t-il affirmé, estimant en outre que l'armée russe avait mené à Alep «la plus grande opération humanitaire internationale contemporaine» en évacuant les civils des quartiers rebelles.

Signe que la Russie est désormais implantée pour longtemps en Syrie, Vladimir Poutine a ordonné vendredi d'agrandir les installations portuaires militaires russes à Tartous, dans le nord-ouest du pays, censées devenir une base navale permanente.

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