Attentat à Berlin : Qu’est-il vraiment arrivé au chauffeur polonais ?

TERRORISME D’après le quotidien allemand « Bild », le routier aurait tenté d’empêcher le pire…

F.F.

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Tragédie au marché de Noël de Berlin
Tragédie au marché de Noël de Berlin — 20 minutes - Slideshow

C’est une des nombreuses questions qui subsistent après l’attentat au camion-bélier du marché de Noël de Berlin. Le chauffeur polonais du semi-remorque volé lundi est-il parvenu à empêcher un bilan beaucoup plus lourd ? Les premiers éléments de l’enquête pourraient le laisser penser. Notamment les résultats de l’autopsie du conducteur, dont le corps a été retrouvé dans la cabine du camion.

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Cet homme de 37 ans, à qui le ou les terroristes ont dérobé le 38 tonnes, était apparemment encore vivant au moment de l’attaque sur le marché de Noël, d’après Bild. Le journal allemand indique que le chauffeur se trouvait assis à côté de l’auteur des faits, dans la cabine du poids lourd, au moment de l’attaque et aurait tenté de s’emparer du volant. Le terroriste aurait alors poignardé le chauffeur polonais à plusieurs reprises avant de l’abattre et de prendre la fuite, toujours selon le quotidien.

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Un emploi du temps mystérieux

L’employeur du chauffeur, Ariel Zurawski, a dû reconnaître le corps à partir d’une photo du cadavre : « On y voyait des traces de coups, il était évident qu’il s’était battu. Son visage était ensanglanté, tuméfié. Il y avait une blessure à l’arme blanche », a-t-il raconté. La police tente également de remonter l’emploi du temps du routier. D’après le transporteur, le véhicule était chargé de 25 tonnes de produits métallurgiques en provenance d’Italie.

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« Certains camions sont équipés d’alarme à distance. Si le chauffeur se fait braquer par exemple, il peut actionner un bouton. On peut alors bloquer le camion pour qu’il ne puisse plus rouler, explique la société Transports Abbas. Mais il s’agit de protéger une cargaison de luxe. Peu de camions possèdent un tel système. » La plupart des poids lourds sont équipés de GPS, et souvent de « tracker » permettant de savoir où ils se trouvent en temps réel.

« On ne peut rien faire contre ça »

Le chauffeur polonais se préparait à passer la nuit à Berlin, la société berlinoise qui devait prendre le chargement n’ayant pas pu le recevoir lundi. Le routier aurait stationné devant l’entrepôt du client, selon le transporteur. Le conducteur a eu un dernier contact téléphonique avec sa femme vers 15 h. Ils devaient se reparler une heure plus tard. Mais à 16 h, il ne répondait plus au téléphone. Par la suite, on a découvert grâce à son système GPS que le camion a été mis en marche vers 15 h 45, mais n’est pas parti, ne faisant que des petits mouvements en avant et en arrière « comme si quelqu’un apprenait à le conduire ».

Pour la société de Transports Abbas, « si quelqu’un veut voler un camion, il peut réussir, on ne peut rien faire contre ça. En revanche, il faut savoir le démarrer. » Ces dernières manœuvres enregistrées avant le carnage du marché de Noël avaient-elles pour but d'« apprendre » à manœuvrer le camion ? Les enquêteurs poursuivent actuellement leurs investigations.