Royaume-Uni: «Marine A», le soldat qui a achevé un taliban blessé, pourrait être libéré ce mercredi

JUSTICE Une cour d’appel londonienne doit décider si elle accorde la libération sous caution au sergent Alexander Blackman…

20 Minutes avec AFP

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Les soutiens du sergent Alexander Blackman, alias «Marine A».
Les soutiens du sergent Alexander Blackman, alias «Marine A». — DANIEL LEAL-OLIVAS

Cela fait trois ans que l’histoire de « Marine A » fascine et divise le Royaume-Uni. Condamné à la perpétuité pour avoir exécuté un taliban blessé en citant du Shakespeare, ce soldat britannique dort depuis trois ans en prison mais pourrait fêter Noël en famille si la justice le décide ce mercredi.

Ce mercredi, une cour d’appel londonienne doit décider si elle accorde la libération sous caution au sergent Alexander Blackman, alias « Marine A », un Royal Marine de 42 ans aux états de service impeccables jusqu’à ce jour fatal du 15 septembre 2011.

Condamné à la réclusion à perpétuité 

Dans cette affaire, deux camps s’opposent. Ceux qui croient au devoir d’exemplarité du militaire et à l’application rigoureuse de la loi à ceux qui renvoient à la réalité brutale de la guerre.

Le 15 septembre 2011, dans la province afghane du Helmand, « Marine A » achève à bout pourtant un insurgé taliban grièvement blessé dans l’attaque d’un hélicoptère Apache. « Dépouille-toi de cette enveloppe mortelle, connard. T’en ferais autant », déclame le sergent, paraphrasant Shakespeare avant de faire feu de son pistolet 9 mm, selon les images tournées par la caméra fixée sur le casque d’un autre soldat.

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Deux ans plus tard, il passe en cour martiale et devient le premier soldat de sa Majesté à être convaincu de meurtre sur un champ de bataille depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est condamné à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de dix ans, ramenée à huit ans en 2014.

Assassin ou héros ?

Mais rapidement, la résistance s’organise pour dénoncer une peine beaucoup trop lourde pour un tel « héros ». « Il a été jeté aux lions par des lâches », fustige le colonel Richard Kemp, ancien commandant en Afghanistan. Les vétérans se mobilisent. Le député Richard Draw et le romancier Frederick Forsyth proposent de payer la caution de 200.000 livres. Au-delà du cas de « Marine A », les tabloïds s’insurgent contre la menace de procès qui pèse sur d’anciens soldats.

Blackman a toujours nié avoir commis un meurtre en assurant qu’il croyait le taliban déjà mort. Ses avocats espèrent requalifier le crime en homicide involontaire et s’appuient sur un rapport de la Royal Navy suggérant que le sergent Blackman souffrait de stress post-traumatique lorsqu’il a achevé l’insurgé afghan.