Qui était Andreï Karlov, l’ambassadeur russe tué en Turquie ?

DIPLOMATIE Assassiné par un policier turc alors qu’il prononçait un discours, l’ambassadeur russe à Ankara œuvrait pour un rapprochement entre les deux pays…

20 Minutes avec AFP

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Andrei Karlov a été touché par le tireur lors d'une exposition de photos ce lundi 19 décembre 2016.Burhan Ozbilici/AP/SIPA
Andrei Karlov a été touché par le tireur lors d'une exposition de photos ce lundi 19 décembre 2016.Burhan Ozbilici/AP/SIPA — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Andreï Karlov, ambassadeur de Russie en Turquie, avait 62 ans. Assassiné ce lundi à Ankara, ce diplomate expérimenté avait contribué à la relance des relations entre Ankara et Moscou après de fortes turbulences.

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Une carrière coréenne

M. Karlov, qui parlait coréen et anglais, avait passé dans la péninsule coréenne une grande partie de sa carrière commencée sous l’ère soviétique. Marié et père d’un enfant, il a été poste dans les deux Corées, notamment comme ambassadeur à Pyongyang de 2001 à 2006. La Russie est l’un des seuls pays à entretenir des relations relativement bonnes avec la Corée du Nord.

Nommé en Turquie en 2013, alors que les deux pays cherchaient à renforcer leurs relations commerciales en dépit de désaccords profonds sur le conflit en Syrie. En novembre 2015, les relations entre les deux pays s’étaient envenimées lorsqu’un chasseur turc avait abattu un avion de combat russe le long de la frontière syrienne, un acte qualifié par Moscou de « coup de poignard dans le dos ».

Des efforts sur la Syrie

Sept mois après cet incident, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan avaient commencé à aplanir leurs différends. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié lundi soir l’assassinat du diplomate de « jour tragique dans l’histoire de notre pays et notre service diplomatique ».

« Il a fait tout ce qu’il pouvait pour surmonter la crise dans les relations turco russes, déclenchée il y a un an par ces événements tragiques », a-t-elle expliqué, ajoutant que M. Karlov avait « ces dernières années concentré la majeure partie de ses efforts sur la recherche d’une solution en Syrie et la stabilité sans la région ».

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L’assassin présumé du diplomate, un policier turc, a été filmé en train de crier « Alep » et « Allahou Akbar » (« Dieu est le plus grand ») après avoir tiré sur l’ambassadeur lors de l’inauguration d’une exposition artistique à Ankara, un acte qualifié de « terroriste » par Moscou.

La Russie soutient actuellement militairement à Alep le régime de Bachar al-Assad, alors que la Turquie soutien ses opposants. Une réunion axée sur le dossier syrien est d’ailleurs prévue pour mardi à Moscou entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense russes, turcs et iraniens.