Zimbabwe: Pas besoin de primaire... A 92 ans, Mugabe est investi pour la présidentielle

ELECTION Le président zimbabwéen, au pouvoir depuis trente-six ans, n'a pas souhaité désigner un successeur...

20 Minutes avec AFP

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Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, le 17 décembre 2016, à Masvingo.
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, le 17 décembre 2016, à Masvingo. — Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Sans surprise. Le président zimbabwéen Robert Mugabe, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis trente-six ans, a été investi ce samedi candidat à l’élection présidentielle de 2018 par le parti au pouvoir, la ZANU-PF.

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« Président, vous êtes le principal acteur et tant que vous serez en vie, vous resterez l’acteur majeur de l’histoire du Zimbabwe », a déclaré le chef de la branche des jeunes du parti, Kudzai Chipanga, lors du congrès annuel de la ZANU-PF réuni à Masvingo, à 300 km au sud-est de la capitale zimbabwéenne Harare.

« Tongai, tongai baba »

L’investiture du vieux leader au pouvoir depuis l’indépendance de l’ancienne colonie britannique en 1980 a été saluée par les applaudissements de milliers de ses partisans scandant en langue shona « Tongai, tongai baba », « Dirige-nous, dirige-nous, père ».

Le dirigeant zimbabwéen, en dépit de son âge et de faiblesses de santé, n’a pas désigné de successeur ni indiqué de date de départ de la présidence qu’il exerce d’une main de fer.

Il a même un jour affirmé sur le ton de la plaisanterie qu’il resterait au pouvoir jusqu’à ses 100 ans.

Mouvement de contestation

L’absence d’un successeur désigné s’est traduit par des luttes intestines au sein du parti au pouvoir et un mouvement de contestation qui a gagné jusqu’à d’anciens combattants de la guerre d’indépendance.

Ceux-ci ont publiquement manifesté leur défiance l’été dernier, en pleine vague de manifestations sociales anti-Mugabe, accusant le dirigeant de comportement « dictatorial » et avertissant qu’ils ne soutiendraient pas une nouvelle candidature à la présidence du chef de l’Etat.

La répression de toute forme d’opposition a jusque-là réussi à éteindre la contestation. Mais la grave crise économique que traverse le Zimbabwe, où 90 % de la population est au chômage, maintient une pression sur le régime.