Mexique: Quand les familles des kidnappés enlèvent les proches et collaborateurs présumés des kidnappeurs

FAITS-DIVERS Pointant l’inactivité des autorités, ces habitants ont décidé d’utiliser les mêmes méthodes que les criminels…

20 Minutes avec agence
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Après l'enlèvement, le 17 novembre 2016, d’une trentaine d’habitants de San Miguel Totolapan (Mexique) par le gang Los Tequileros, les familles et amis des  disparus ont à leur tour kidnappé 18 personnes proches des criminels.
Après l'enlèvement, le 17 novembre 2016, d’une trentaine d’habitants de San Miguel Totolapan (Mexique) par le gang Los Tequileros, les familles et amis des disparus ont à leur tour kidnappé 18 personnes proches des criminels. — José Luis de la Cruz/SIPA

Plus violent que l’arroseur arrosé, c’est un cas de kidnappeur kidnappé qui a récemment eu lieu dans la ville mexicaine de San Miguel Totolapan. Après l’enlèvement, le 17 novembre dernier, d’une trentaine d’habitants par Los Tequileros, un groupe tristement célèbre dans la région, les familles et amis des personnes disparues ont à leur tour kidnappé 18 personnes proches des criminels, dont la propre mère du chef du gang, El Tequilero.

Lassés de voir la police tenue en échec après un mois d’enquête, les habitants ont en effet décidé de créer une milice baptisée « Grupo de autodefensa de vecinos de San Miguel Totolapan » et de passer à l’action. Soupçonnant la police d’être corrompue et de ne pas faire son maximum pour retrouver leurs proches, ces Mexicains en colère postent eux-mêmes des vidéos sur les réseaux sociaux pour expliquer leurs actions, raconte Le Monde.

Une mère contre un mari

L’une d’elles montre Yadira Guillermo Garcia, la femme d’un des habitants kidnappés par le groupe armé, proposer un marché à El Tequilero. Le gangster, qui doit son nom à un sévère penchant pour l’alcool, s’y voit offrir la liberté pour sa mère en échange de la libération du mari de Yadira Guillermo Garcia.

Mais la milice citoyenne ne s’arrête pas là. Dans d’autres vidéos, face à la violence galopante des cartels de trafiquants et à la multiplication des enlèvements dans cette région riche en pavot et en cannabis, le groupe d’habitants en appelle au gouverneur de l’Etat du Guerrero.

Mais également aux forces de l’ordre et aux criminels eux-mêmes. « Nous ne voulons plus que notre ville et notre Etat soient un cimetière, un puits de larmes de veuves, d’orphelins et de mères qui perdent leurs enfants », préviennent notamment les membres de la milice.

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