Crash du vol Egyptair: De nouvelles questions après la découverte de traces d'explosifs

ENQUETE L'annonce de la découverte de traces d'explosifs sur les victimes du crash du vol Egyptair reliant Paris au Caire, le 19 mai 2016, relance l'enquête...

A.-L.B. avec AFP

— 

Un avion de la compagnie aérienne Egyptair, le 28 avril 2016.
Un avion de la compagnie aérienne Egyptair, le 28 avril 2016. — Jed Leicester/Shutterst/SIPA

Des éléments révélés aux médias ce jeudi posent de nouvelles questions dans l’enquête sur le crash du vol Egyptair reliant Paris au Caire, le 19 mai 2016, et qui a fait 66 morts. Ainsi, des traces d’explosifs ont été détectées sur les restes de victimes, a indiqué ce jeudi le ministère égyptien de l’aviation. La piste criminelle pourrait ainsi être suivie. Retour sur les principales informations et les principales questions autour de ce drame…

Le crash

Le 19 mai 2016, le vol MS804 reliant Paris au Caire s’abîme en mer Méditerranée après avoir soudainement disparu des écrans radar à une altitude de 37.000 pieds (11.250 mètres), sans passer d’appel de détresse. Le lieu du crash se situe au large de Karpathos, une île située entre Rhodes et la Crète, dans une zone de l’espace aérien égyptien. Les 66 personnes à bord, dont 40 Egyptiens et 15 Français, sont tuées.

Infographie AFP du trajet de l'avion EgyptAir qui s'est abîmé en Méditerranée le 19 mai
Infographie AFP du trajet de l'avion EgyptAir qui s'est abîmé en Méditerranée le 19 mai - Adrian LEUNG / AFP

L’enquête

Les boîtes noires ont été repêchées mi-juin. Une des deux boîtes noires retrouvées a révélé que des alertes signalant de la fumée à bord se sont déclenchées avant le crash de l’Airbus A320. Par ailleurs, le mot « feu » a été capté par un enregistreur de vol. Mais aucun élément n’a permis de déterminer, à ce jour, si un incendie a été provoqué par un problème mécanique ou un acte criminel.

Des pistes différentes pour l’Egypte ou la France

Jusqu’à ce jeudi, les enquêteurs français ont privilégié l’hypothèse d’un incident technique, notamment en l’absence de revendication et en raison d’alarmes signalant des défaillances. Les autorités égyptiennes ont penché davantage pour l’hypothèse terroriste. Les enquêteurs égyptiens avaient déjà évoqué dans le passé la présence de traces d'explosifs sur des morceaux de l'appareil repêchés en mer, a dit à l'AFP une source proche du dossier.

Et pour les enquêteurs français, les débris avaient pu être contaminés par les sacs dans lesquels ils avaient été placés.

La question des explosifs

La découverte de traces d’explosifs détectées sur les restes de victimes pose de nouvelles questions aux enquêteurs. Parmi elles, figurent : Comment ces traces d’explosifs sont-elles arrivées sur les victimes ? Des explosifs auraient-ils été placés dans l’appareil ? D’où viennent ces explosifs et auraient-ils pu être placés dans l’avion à Paris ? ou avant, lors des arrêts précédents en Egypte, en Tunisie ou en Erythrée ? Ces traces d’explosif pourraient-elles prouver un acte terroriste ?

Le ministère égyptien indique dans un communiqué ce jeudi que selon la loi égyptienne le procureur est saisi « s’il devient clair aux yeux de la commission d’enquête [sur le crash] qu’il existe des soupçons sur l’origine criminelle de l’accident ».

La réaction des autorités françaises

Prudent, le ministère français des Affaires étrangères publie ce jeudi après-midi un communiqué dans lequel il explique que «l’enquête va se poursuivre afin de déterminer les causes exactes de la disparition du vol». Le Quai d'Orsay rappelle aussi son souhait de voir les dépouilles revenir aux familles. «La France entend que la transmission de ce rapport au Parquet général égyptien ouvre le plus rapidement possible la voie à la restitution des dépouilles des victimes aux familles». 

Les familles des victimes du crash d'EgyptAir déplorent depuis des mois de ne pas avoir pu récupérer les dépouilles de leurs proches.

Une «manipulation» pour une association

«On est dans la manipulation», a dénoncé en France le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) Stéphane Gicquel. «Aucun élément n'accrédite la piste terroriste. Il s'agit d'un chantage de la part des autorités égyptiennes pour faire accréditer cette thèse et protéger la compagnie EgyptAir en rejetant la responsabilité sur Paris», a-t-il ajouté.

Un précédent ?

Fin octobre 2015, une bombe a explosé à bord d’un avion de touristes russes après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, dans l’est de l’Egypte. Le drame a fait 224 morts. L’attaque avait été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique.