Grèce: Paris conteste la suspension des mesures d'allègement de la dette

DESACCORD Au cœur de la discorde, deux mesures sociales annoncées par le Premier ministre grec Alexis Tsipras…

20 Minutes avec AFP

— 

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français François Hollande, lors de l'inauguration du nouveau canal de Suez, en Egypte, le 6 août 2015.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français François Hollande, lors de l'inauguration du nouveau canal de Suez, en Egypte, le 6 août 2015. — PHILIPPE WOJAZER/AP/SIPA

Désaccord entre Paris et Berlin dans le dossier de la crise grecque. François Hollande s’est opposé ce jeudi à la décision de la présidence de l’Eurogroupe de suspendre les mesures d’allégement de la dette de la Grèce à cause de mesures sociales de son gouvernement, demandant à ce qu’Athènes soit « traité dignement ».

« Je suis pour que la Grèce soit traitée dignement », a-t-il affirmé à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles. « Il ne peut pas être question de demander encore des efforts supplémentaires à la Grèce », a-t-il ajouté. De son côté, le ministre français de l’Economie et des Finances, Michel Sapin, a rappelé que ces mesures avaient été adoptées « sans aucune condition ».

« Les expressions individuelles ne sont pas des expressions collectives de l’Eurogroupe », a affirmé Michel Sapin lors d’une conférence de presse, dans une allusion implicite à l’Allemagne, pays qui a demandé la suspension de ces mesures.

>> A lire aussi : Vers un retour de la crise ?

Engagement

« Les dispositions d’allégement de la dette seront mises en œuvre », a insisté le ministre, rappelant que cette décision était « le premier pas fait par les pays de l’Eurogroupe pour tenir leurs engagements vis-à-vis de la Grèce ». Il a « souhaité que les incompréhensions soient levées au plus vite », soulignant « qu’aucun gouvernement n’avait autant tenu les engagements pris » que celui d’Alexis Tsipras.

>> A lire aussi : En vue d'un nouveau prêt, la Grèce adopte des nouvelles mesures de rigueur

Le porte-parole du président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, avait annoncé la veille, à la demande de l’Allemagne, la suspension des mesures d’allégement de la dette grecque, accordées début décembre par la zone euro à Athènes en échange de réformes, après l’annonce par Alexis Tsipras, de nouvelles mesures sociales.

Discorde

Au cœur de la discorde, deux mesures sociales annoncées par le Premier ministre grec Alexis Tsipras : le rétablissement d’un 13e versement annuel - supprimé lors de précédentes mesures d’austérité - pour les plus basses pensions de retraite, ainsi qu’un report de la hausse de la TVA sur les îles de l’est égéen, où s’entassent actuellement plus de 16.000 migrants et réfugiés, « tant que dure la crise des réfugiés ».

Des mesures chiffrées à 617 millions d’euros et annoncées trois jours à peine après qu’Athènes ait obtenu de l’Eurogroupe de petites mesures d’allégement de sa dette, dites « de court terme », car elles pouvaient être prises rapidement.

Malgré trois plans successifs de soutien financier par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI) depuis 2010, la dette grecque s’élève à 315 milliards d’euros en 2016, ce qui représente environ 180 % du PIB.