Michel Aoun: l'éternel candidat

LIBAN Depuis des années, le général espère devenir Président du Liban , mais cela ne semble pas encore pour cette fois...

De notre correspondant au Liban, David Hury

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Le général libanais Michel Aoun
Le général libanais Michel Aoun — Sipa
Depuis des années, le général espère devenir Président du Liban , mais cela ne semble pas encore pour cette fois...

Commandant en chef de l’armée libanaise dans les années 80, le général Aoun (72 ans) a bâti sa réputation sur sa lutte contre la tutelle syrienne au Liban. Un paradoxe pour celui qui, aujourd’hui, est le plus fidèle allié du Hezbollah, parti politique proche de Damas et de Téhéran. Revenu au Liban le 7 mai 2005 après 15 ans d’exil passés en France, il a incarné pour les chrétiens libanais un nouveau souffle. Mais son retour aux affaires a vite tourné à la cacophonie: aux législatives de 2005, il opère un virage à 180º en s’alliant à des figures pro-syriennes notoires comme Michel el-Murr ou Sleimane Frangié. Il entre alors dans l’opposition face au clan Hariri qui, fort de l’émotion suscitée par l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, remporte les élections.

En janvier 2006, il se rapproche du Hezbollah en signant un document d’entente de 10 points. Soutien inconditionnel du Parti de Dieu lors de la guerre de juillet 2006 contre Israël, Aoun voit la démission des ministres chiites du gouvernement comme une aubaine pour consolider l’opposition. A partir de novembre 2006, il entame une lune de miel avec Hassan Nasrallah, les deux affirmant d’une seule voix que le gouvernement anti-syrien de Fouad Siniora est «illégitime». Candidat à l’élection présidentielle, il a marqué la campagne par son intransigeance vis-à-vis de ses concurrents, se considérant comme l’unique «patriarche politique» des chrétiens. Finalement, mercredi, il s’est déclaré en faveur de la candidature de Michel Sleimane, mais a promis de nouvelles manifestations populaires à partir de dimanche.