Présidentielle au Gabon: L'Union européenne «met en question» la réélection d'Ali Bongo

POLITIQUE « Ce constat remet en question l’intégrité des résultats de la province », et donc le résultat final de l’élection sur tout le Gabon, tranchent les 73 observateurs de l'UE dans un rapport final présenté ce lundi...

20 minutes avec agences

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Le président gabonais Ali Bongo
Le président gabonais Ali Bongo — MARCO LONGARI / AFP

Doutes sur l’intégrité du processus de consolidation des résultats, manque d’indépendance de certaines institutions clés, participation massive et douteuse dans neuf provinces… Les 73 observateurs de l’Union européenne (UE) ont remis en question, ce lundi au Gabon, la victoire d’Ali Bongo Ondimba lors du scrutin présidentiel du 27 août.

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Un écart minimal de 5.594 voix

Dans un rapport final présenté par l’observatrice en chef de la Mission d’observation électorale (MOE) de l’UE, l’euro-députée Mariya Gabriel, l’UE met en « exergue des défaillances importantes du processus électoral », « le manque d’indépendance de certaines institutions clés » comme la commission électorale ou encore, des « anomalies » mettant « en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection ».

Le 31 août, Ali Bongo avait été proclamé vainqueur (49,80 % des voix) devant Jean Ping (48,23 %), soit un écart minimal de 5.594 voix, selon des résultats provisoires dont l’annonce avait provoqué des violences (manifestations, pillages, incendie partiel de l’Assemblée, répression, prise d’assaut du QG de Jean Ping, interpellations massives, etc.).

Bongo avait obtenu 95,47 % des voix pour 99,93 % de participation dans le Haut-Ogooué

Les observateurs de l’UE avaient depuis septembre dans le viseur l’une des neuf provinces, le Haut-Ogooué, fief électoral d’Ali Bongo. Le président sortant y a officiellement obtenu 95,47 % des voix pour 99,93 % de participation, inversant la tendance sur le reste du Gabon et garantissant sa victoire.

Aujourd’hui, ils dénoncent dans cette province « un processus de consolidation particulièrement opaque », exemple à l’appui : « Le nombre d’abstentions et des bulletins blancs et nuls dans une seule des 15 Commissions électorales locales (CEL) de cette province est supérieure à celles annoncées pour l’ensemble des 15 CEL de la province. » « Ce constat remet en question l’intégrité des résultats de la province », et donc le résultat final de l’élection sur tout le Gabon, tranche le rapport.

Les observateurs de l’UE émettent 11 recommandations 

Sévère dans son diagnostic, le travail final des observateurs de l’UE se veut « constructif » et émet 11 recommandations valables dès les prochaines élections législatives, qui auront lieu au plus tard en juillet 2017. Parmi elles, celle de « garantir l’accès non interrompu au réseau Internet et aux réseaux sociaux y compris pendant la période électorale et post-électorale ».

En effet, Internet avait été totalement coupé au Gabon pendant quelques jours après le 31 août, puis la nuit de 18h à 6h jusqu’au 27 septembre.

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« Il appartient aux Gabonais de trouver des solutions dans le cadre d’un dialogue afin d’y remédier », a conclu lundi Mariya Gabriel. Reste que Jean Ping, l’opposant d’Ali Bongo s’est félicité de ce rapport qui « démontre de manière incontestable » que c’est lui, a-t-il dit, « le vainqueur de l’élection présidentielle ».

Celui qui réclame des sanctions contre Bongo et ses proches, a demandé à l’UE, l’Union africaine et les Nations unies, de tirer « toutes les conséquences » du travail des observateurs de l’UE.