La Turquie, «plus grande prison du monde pour les journalistes» selon Reporters sans Frontières

MEDIAS Plus de cent journalistes sont actuellement emprisonnés dans le pays, c’est quatre fois plus qu’en 2015…

H. B.

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Plus de cent journalistes sont en effet actuellement emprisonnés en Turquie.
Plus de cent journalistes sont en effet actuellement emprisonnés en Turquie. — OZAN KOSE

« La tendance est dramatiquement à la hausse ». Selon Reporters sans Frontières (RSF), il ne fait pas bon être journaliste dans le monde, notamment en Turquie. Selon le bilan annuel réalisé par l’association, le nombre de journalistes emprisonnés a augmenté en 2016. « A ce jour, 348 journalistes (y compris pigistes et blogueurs) sont emprisonnés dans le monde, ce qui représente une augmentation de 6 % par rapport à 2015.

Le nombre de journalistes professionnels incarcérés a même bondi de 22 %, et quadruplé en Turquie à la suite du putsch manqué de juillet », indique l’ONG dans son rapport publié ce mardi. Plus de cent journalistes sont en effet actuellement emprisonnés en Turquie, c’est quatre fois plus qu’en 2015.

Une « véritable chasse aux sorcières aux portes de l’Europe »

Depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, les autorités turques ont lancé de vastes purges qui ont notamment frappé la presse de plein fouet, suscitant l’inquiétude en Europe. Selon l’Association des journalistes de Turquie (TGC), 170 organes de presse ont été fermés, 105 journalistes placés en détention et 777 cartes de presse annulées depuis le coup de force. La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2016.

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Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF parle d’une « véritable chasse aux sorcières aux portes de l’Europe » et estime que le régime d’Erdogan a « anéanti tout pluralisme médiatique ». RSF dénonce aussi, face à cette situation, une Union européenne « bien mutique sur la question. »

Outre la Turquie, la Chine, l’Iran et l’Egypte concentrent à eux seuls plus des deux tiers des journalistes emprisonnés, indique l’ONG.