Etats-Unis: Romell Broom, cet Américain condamné à mourir une seconde fois

JUSTICE En 2009, les agents pénitentiaires avaient tenté durant deux heures de lui injecter les substances létales, sans y parvenir...

20 minutes avec agences

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Une chambre d'exécution à la prison de Lucasville, dans l'Ohio, le 30 novembre 2009
Une chambre d'exécution à la prison de Lucasville, dans l'Ohio, le 30 novembre 2009 — Caroline Groussain AFP

Romell Broom est un cas unique dans les annales judiciaires américaines. Ayant survécu à une première exécution à mort qui aura duré deux heures, l’homme a de nouveau été ce lundi condamné à la peine capitale.

« Peines cruelles ou inhabituelles » et double incrimination

Ainsi en a décidé la Cour suprême des Etats-Unis, qui a refusé d’entendre l’appel de ses avocats désirant l’exempter d’une deuxième condamnation à mort. Les défenseurs du prisonnier s’appuyaient sur le 8e amendement de la Constitution américaine, qui bannit les « peines cruelles ou inhabituelles » et sur le principe de la double incrimination, qui dit que nul ne peut être puni pénalement une seconde fois pour les mêmes faits.

L’affaire remonte au 15 septembre 2009. Ce jour-là, Romell Broom, reconnu coupable d’avoir violé et tué une adolescente en 1984, doit être exécuté. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Les agents pénitentiaires tentent de lui poser un cathéter veineux pour lui injecter des substances mortelles, mais en vain. Pendant deux heures, le prisonnier est piqué à de multiples reprises, aux bras et aux jambes. Aucune de ses veines n’apparaît cependant suffisamment visible ou solide pour supporter la perfusion.

Le condamné se plaint alors des douleurs et l’exécution est finalement suspendue. En ce mois de septembre 2009, Romell Broom sort donc vivant de la chambre de la mort de sa prison de Lucasville, dans l’Etat de l’Ohio.

Une seconde tentative d'exécution « infondée » ?

Depuis, ses défenseurs font valoir que l’épreuve mentale et physique subie devrait exonérer le comdamné d’une autre tentative d’exécution. « M. Broom ne pouvait espérer qu’il sortirait vivant de la chambre de la mort. Pendant deux heures, l’Etat de l’Ohio a essayé de l’exécuter. Du fait que Broom avait largement dépassé le point où il s’attendait à mourir de façon imminente, et qu’il a subi d’intenses douleurs et souffrances, une seconde tentative de l’exécuter est infondée », ont fait valoir les avocats.

Des arguments qui n’ont pas convaincu la Cour suprême qui, à la majorité de ses huit juges (et par deux voix contre), a refusé lundi d’inscrire ce dossier à son calendrier. Aujourd’hui âgé de 60 ans, Romell Broom va donc devoir subir à nouveaux des injections létales.

Une exécution avec le controversé midazolam

Une « seconde » exécution qui promet, dans les conditions actuelles, d’être également très controversée. L’Etat de l’Ohio a, en effet, annoncé il y a deux mois qu’il comptait modifier son protocole de mise à mort, en incluant trois substances, parmi lesquelles le controversé midazolam.

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« Dans les exécutions, le midazolam est censé placer le prisonnier sous anesthésie, mais ce n’est pas une substance adaptée à cet objectif », explique Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School. L’experte avance qu’à « diverses occasions, des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances ».