Cyberattaques russes: Trump dans le déni, le Congrès américain va enquêter

ETATS-UNIS John McCain et d'autres veulent savoir si Moscou a interféré avec l'élection...

P.B. avec AFP

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Le patron d'ExxonMobil, Rex Tillerson, et Vladimir Poutine, en 2011.
Le patron d'ExxonMobil, Rex Tillerson, et Vladimir Poutine, en 2011. — Alexei Druzhinin/AP/SIPA

Donald Trump seul contre tous. Alors qu’il rejette l’idée que la Russie de Vladimir Poutine soit intervenue pour l’aider à battre Hillary Clinton, le président élu a été lâché par des poids lourds républicains, lundi. Les chefs du Congrès américain ont annoncé le lancement prochain d’une enquête parlementaire sur les interférences russes dans l’élection américaine.

La CIA a conclu dans un rapport secret révélé vendredi par le Washington Post que la Russie était intervenue par ses cyberattaques dans la campagne électorale dans le but précis d’aider Donald Trump à être élu, et non plus généralement pour troubler le bon déroulement de l’élection.

Mais le successeur de Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, rejette avec force cette conclusion, jetant l’opprobre sur un service de renseignement à la réputation entachée par ses rapports erronés après le 11 septembre 2001 sur les liens entre Saddam Hussein et Al-Qaïda.

Donald Trump l’a dit à plusieurs reprises en interviews, et à nouveau sur Twitter lundi. « A moins que vous ne preniez les hackers en flagrant délit, il est très difficile de déterminer qui a piraté. Pourquoi cela n’a-t-il pas été publié avant l’élection ? », a-t-il écrit. Il fait semblant d’avoir oublié les nombreux rapports pointant vers une ingérence de Moscou.

Une enquête réduite

Les sénateurs républicains très influents John McCain et Lindsey Graham, ennemis de Moscou, ainsi que les démocrates Chuck Schumer et Jack Reed ont lancé ce week-end un appel retentissant à mener une enquête parlementaire, avec des auditions publiques, pour établir comment et pourquoi Moscou serait intervenu dans l’élection.

Leur appel a été entériné lundi par les deux républicains qui détiennent les clés du Congrès, mais avec un important bémol : ils ont enterré l’idée d’une grande commission d’enquête spéciale sur le modèle de ce qui fut constitué pour le 11-Septembre, composée d’élus des deux chambres, ce qui aurait donné plus de poids aux travaux.

Trump pourrait nommer un ami de la Russie à la diplomatie

Donald Trump ne cache pas ses affinités avec Vladimir Poutine et son intention de rétablir des liens plus amicaux avec la Russie. Il envisage également de nommer à la tête de la diplomatie américaine Rex Tillerson, le patron du géant pétrolier ExxonMobil qui a des exploitations dans plus de 50 pays et notamment en Russie.

Mais ce candidat est loin de faire l’unanimité, y compris dans son camp : « Cet homme (Poutine) est un voyou et un assassin, je ne vois pas comment on peut être l’ami d’un ancien agent du KGB », a lancé le sénateur républicain John McCain sur CNN. « Etre un ami de Vladimir n’est pas une caractéristique que j’espère chez un secrétaire d’Etat », a commenté son collègue Marco Rubio. Et chez un président ?