Pourquoi Annapolis ne convainc pas la presse internationale

PROCHE-ORIENT Personne ne peut croire que George W. Bush, l’homme qui a lancé la guerre en Irak...

Armelle Le Goff

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Le président George W. Bush a de nouveau réuni mercredi les dirigeants israélien et palestinien à la Maison Blanche pour concrétiser les promesses d'Annapolis et signifier aux sceptiques que ce nouvel effort de paix n'est pas une fois de plus voué à l'échec. ontre le gouvernement de gauche du président Evo Morales.
Le président George W. Bush a de nouveau réuni mercredi les dirigeants israélien et palestinien à la Maison Blanche pour concrétiser les promesses d'Annapolis et signifier aux sceptiques que ce nouvel effort de paix n'est pas une fois de plus voué à l'échec. ontre le gouvernement de gauche du président Evo Morales. — Saul Loeb AFP

Pour la Maison Blanche, la conférence de paix d’Annapolis est un succès. Avoir réussi à engager Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations dans l’impasse depuis sept ans, avec, à leurs côtés, la Syrie et l’Arabie saoudite, peut effectivement sembler être un tour de force. D’autant que les deux parties devront aboutir à un accord de paix avant fin 2008.

Alors pourquoi tout le monde était-il si circonspect ce mercredi? Sans doute parce que personne ne peut croire que George W. Bush, l’homme qui a lancé la guerre en Irak en 2003, souhaite réellement faire la paix au Proche-Orient. Surtout après s’être désintéressé de ce conflit sept ans durant, au point de n’avoir jamais mis les pieds ni en Israël, ni dans les Territoires palestiniens. Il n’est pas clair «à quel point [le président Bush] sera impliqué dans les discussions à venir», soulignait le quotidien «USA Today» mercredi.

Or, c’est bien du degré d’implication des uns et des autres que dépendra la paix. Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, tous deux en difficulté avec leurs opinions publiques, ont-ils les épaules pour cela ? Pas pour la presse arabe et israélienne. «La paix devant les caméras», taclait, cinglant, le quotidien israélien «Maariv». Au Liban, «An Nahar» fait d’Annapolis «une simple étape sur la voie de l’échec et de la stupidité menée par l’administration américaine au Moyen-Orient ».

Kouchner Le chef de la diplomatie française a estimé
ce mercredi qu’Annapolis avait été «ce qu’on pouvait faire de mieux en ce moment». Paris accueillera le 17 décembre une conférence des donateurs en vue de l’émergence d’un Etat palestinien viable.