Pour un ministre algérien, Nicolas Sarkozy doit son élection au «lobby juif»

ANTISEMITISME Mohamed Cherif Abbas dit s'étonner des propos qui lui sont attribués dans la presse algérienne…

A.S

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Le président algérien Addelaziz Bouteflika a affirmé mardi que son pays et la France étaient "condamnés à avoir un avenir commun", au dernier jour de la visite du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy placée sous le signe de l'apaisement des relations entre les deux pays.
Le président algérien Addelaziz Bouteflika a affirmé mardi que son pays et la France étaient "condamnés à avoir un avenir commun", au dernier jour de la visite du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy placée sous le signe de l'apaisement des relations entre les deux pays. — Fayez Nureldine AFP

Un dérapage antisémite à quelques jours d'une visite de Nicolas Sarkozy en Algérie. Le ministre algérien des Moudjahidine, Mohamed-Cherif Abbas, a attribué à l'influence d'un «lobby juif» l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy dans un entretien publié lundi dans le journal «El Khabar».

«Je ne crois pas que les relations entre l'Algérie et la France soient fondées sur le principe d'égalité (...) Vous connaissez les origines du président de la France et vous savez quelles sont les parties qui l'ont amené au pouvoir», a déclaré le ministre sans provoquer de réaction en Algérie. «Ceci était le résultat d'un mouvement qui reflète l'avis des véritables architectes de l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l'industrie en France», poursuit le membre du gouvernement algérien.

Un ministre qui se dit étonné

Dans une déclaration à l'agence de presse algérienne APS, Mohamed Cherif Abbas a affirmé mercredi «avoir appris avec beaucoup d'étonnement et de mécontentement certains propos» qui lui ont été attribués, sans démentir formellement les déclarations publiées par «El Khabar». «Dans cet entretien il n'a jamais été dans mon intention d'enfreindre le principe que respectent tous les responsables algériens et que m'impose mon obligation de réserve, celui de ne jamais porter atteinte à l'image d'un chef d'Etat étranger», a-t-il répondu après que les propos en cause ont été rapportés le même jour dans «Le Figaro».

Réactions prudentes en France

Pour l'instant, les réactions sont très prudentes en France alors que Nicolas Sarkozy doit se rendre en Algérie le 3 décembre. «Nous nous étonnons de ces propos, parus dans la presse, qui ne correspondent pas au climat de confiance et de coopération dans lequel nous préparons la visite d'Etat du Président de la République», a réagi la porte-parole du Quai d'Orsay, Pascale Andreani. «Les relations entre la France et l'Algérie n'ont jamais été aussi denses et la visite d'Etat démontrera qu'elles ont progressé dans de très nombreux domaines.»

Interrogé également sur le sujet, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez a affirmé, pour sa part, ne pas avoir «vu» cette interview. «Le président de la République a fait un travail de fond sur l'amélioration des relations franco-algériennes, donc on est toujours sur cette tendance et son voyage s'inscrit dans ce travail de fond.»

A venir, la réaction de David Martinon, porte-parole de l'Elysée…

Le chanteur français Enrico Macias avait annoncé lundi qu'il ne se rendrait pas en Algérie, son pays natal, avec Nicolas Sarkozy. «Je ne me rendrai pas dans un pays où je ne serai pas le bienvenu», avait-il déclaré au quotidien arabophone «Ech-Chourok». Il sait que certains le considèrent comme un ennemi en raison de son attachement à Israël. Dans son interview, le ministre Mohamed Cherif Abbas a parlé de cette potentielle venue comme d'une «provocation».