Musharraf abandonne son poste de chef des armées

Sa. C. avec AFP

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Le chef de l'Etat pakistanais, le général Pervez Musharraf, qui doit prêter jeudi un serment de "président civil", a entamé mardi une tournée d'adieux dans les casernes, contraint de quitter au préalable ses fonction de chef de l'armée, a indiqué cette dernière.
Le chef de l'Etat pakistanais, le général Pervez Musharraf, qui doit prêter jeudi un serment de "président civil", a entamé mardi une tournée d'adieux dans les casernes, contraint de quitter au préalable ses fonction de chef de l'armée, a indiqué cette dernière. — Press information department AFP

«Je ne serai plus en uniforme demain». Comme il l'avait promis, le président pakistanais Pervez Musharraf a abandonné mercredi le poste de chef des armées au profit du général Ashfaq Kiyani. Le chef de l’Etat pakistanais prêtera ainsi son serment de «président civil», jeudi, huit ans après son coup d'Etat militaire. La passation du pouvoir militaire a eu lieu au cours d'une cérémonie en grande pompe au quartier général des forces armées, à Rawalpindi, la ville-garnison de la banlieue d'Islamabad, selon l'AFP.

Pervez Musharraf fait ainsi ses adieux à une institution qu'il a dirigée pendant près d'une décennie et accède ainsi à l'une des exigences de la communauté internationale. Et les 160 millions d'habitants de la République Islamique du Pakistan, la seule puissance nucléaire avérée du monde musulman, devraient entamer, du moins formellement, une période de démocratie «normale», où les fonctions de chef de l'Etat et de chef de l'armée ne sont pas occupées par le même homme.

Un fidèle pour lui succéder

Son successeur, le général Ashfaq Kiyani, est un fidèle du président. Agé de 55 ans, il avait été nommé le 8 octobre chef d'état-major adjoint des armées. Aujourd'hui, dans un Pakistan en pleine crise politique, sous état d'urgence depuis le 3 novembre, le général Kiyani jouera sans nul doute un rôle de premier plan dans un pays qui a vécu la moitié de ses 60 années d'existence sous la férule de généraux putschistes.

Mais la crise ne devrait pas être résolue pour autant. L'opposition, comme la communauté internationale, continuent de réclamer un «vrai retour à la démocratie» et exigent du président Musharraf qu'il lève l'état d'urgence avant les législatives du 8 janvier 2008.