« La crise iranienne est l'enjeu central de 2008 »

Propos recueillis par Armelle Le Goff - ©2007 20 minutes

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Bruno Tertrais

Chercheur, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et auteur d'Iran, la prochaine guerre, à paraître demain, aux Cherche Midi.

Téhéran a annoncé hier la fabrication d'un nouveau missile de 2 000 km de portée. Est-ce, selon vous, une preuve supplémentaire des avancées iraniennes sur le plan militaire ?

Le programme balistique iranien ne cesse d'avancer, ce qui ne fait que conforter la thèse selon laquelle la crise iranienne est l'enjeu central de l'année 2008. Il reste un an pour désamorcer la bombe. D'ici là, soit Téhéran sera parvenu au seuil de la fabrication de l'arme nucléaire, soit le président américain George W. Bush, s'il pense que c'est sa responsabilité devant l'histoire, aura décidé d'intervenir militairement en Iran avant son départ en janvier 2009. Ce qui est certain, c'est que, sur ce dossier, des échéances majeures se profilent.

Le fait que Téhéran ait la bombe ne constitue pas seulement un danger pour Israël, mais pour la région tout entière...

Une fois doté d'un parapluie nucléaire, l'Iran accordera évidemment un soutien accru au Hezbollah et au Hamas. Le pays pourra également protéger la Syrie, qui tentera de récupérer le plateau du Golan. Mais Téhéran risque aussi de tenter de vassaliser les Etats du Golfe, puis de contester à la famille Saoud le statut de gardienne des lieux saints en Arabie saoudite.