Le dalaï-lama défie la Chine sur sa succession

Faustine Vincent - ©2007 20 minutes

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La bataille pour la succession du dalaï-lama a commencé. Le chef spirituel des bouddhistes tibétains, 72 ans, a défié la Chine hier en affirmant que s'il devait mourir en exil, « [sa] réincarnation se fera[it] en dehors du Tibet ».

Mais les autorités chinoises ne l'entendent pas de cette oreille. Elles souhaitent un successeur consensuel qui ne revendique pas, comme le dalaï-lama, l'autonomie du Tibet, sous contrôle de la Chine depuis 1950. Pour être sûr de garder la main, Pékin a imposé une nouvelle loi en septembre : toute décision sur la réincarnation d'un bouddha vivant tibétain devra être soumise à l'approbation des autorités chinoises. L'enjeu est très politique : en imposant « son » dalaï-lama, la Chine pourrait porter un coup fatal à la cause du Tibet libre. Et, même si le dalaï-lama choisit son successeur de son vivant, « Pékin nommera bien entendu quelqu'un d'autre », a affirmé le dignitaire religieux, Prix Nobel de la paix 1989. Résultat, « il y aurait deux dalaï-lamas, un "vrai" et un "faux"», souligne Claude Levenson, spécialiste du Tibet. Mais ce temps n'est pas encore venu. « D'après mes examens médicaux, j'en ai encore pour quelques décennies », plaisante le dalaï-lama.