Trump appelle la présidente de Taïwan et risque le clash avec la Chine

DIPLOMATIE La Maison Blanche, de son côté, a réaffirmé son soutien à la politique de "la Chine unique...

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump au téléphone en Caroline du Sud, le 18 février 2016.
Donald Trump au téléphone en Caroline du Sud, le 18 février 2016. — Matt Rourke/AP/SIPA

Il n'est pas encore le président des Etats-Unis mais Donald Trump a déjà les pieds dans le plats diplomatique. Vendredi, il a pris le risque vendredi d'une crise majeure avec la Chine après avoir parlé au téléphone avec la présidente de Taïwan Tsai Ing-wen, une rupture spectaculaire avec 40 ans de tradition diplomatique avec Pékin et Taipei.

Dans la foulée, la Maison Blanche a tenté de calmer le jeu, rappelant que, quelles que soient les administrations républicaines ou démocrates, les Etats-Unis soutiennent depuis les années 1970 la politique de la «Chine unique» ou «une seule Chine» qui l'a vu reconnaître Pékin et rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan à la fin des années 70.

Relations tendues entre Pékin et Taïwan

Lors de leur conversation, sans précédent à ce niveau depuis des décennies, Donald Trump et Tsai Ing-wen «ont pris note des liens étroits en matière économique, politique et de sécurité entre Taïwan et les Etats-Unis», selon un compte-rendu de l'équipe du prochain locataire de la Maison Blanche.

Taïwan est de facto séparée de la Chine depuis la fin de la guerre civile en 1949, lorsque l'armée nationaliste du Kuomintang (KMT) s'était réfugiée dans l'île après sa défaite face aux communistes. Pékin considère toujours Taïwan comme faisant partie de la Chine. Les relations avec l'île se sont détériorées depuis l'arrivée au pouvoir en mai de la présidente Tsai Ing-wen, membre du Parti démocratique progressiste (PDP), hostile à Pékin. Tsai a remporté la victoire contre le KMT, artisan depuis 2008 d'un rapprochement avec la Chine continentale. Tsai Ing-wen refuse de reconnaître un consensus conclu en 1992 entre Pékin et Taipei, selon lequel il n'y a «qu'une seule Chine», formulation empêchant de facto toute déclaration d'indépendance de l'île. En conséquence, Pékin a coupé les communications officielles avec le gouvernement taïwanais.

Trump veut durcir le ton avec la Chine

De manière générale, le grand flou autour de la politique étrangère de Donald Trump -- considéré plutôt comme un isolationniste -- inquiète les alliés historiques de l'Amérique en Europe et en Asie.

«Ce qui s'est passé ces 48 dernières heures n'est pas simplement une évolution. Ce sont des pivots majeurs en politique étrangère, sans aucune prévision. C'est ainsi que débutent des guerres», a tweeté vendredi le sénateur démocrate Chris Murphy.

La stratégie de Trump n'est cependant pas une surprise. Pendant la campagne, il avait dénoncé le «viol commercial» de Pékin et promis de durcir la politique américaine avec la Chine.