Donald Trump nomme James Mattis, dit «l'enragé» à la tête du Pentagone

ETATS-UNIS Le président élu l'a confirmé, jeudi, lors du premier meeting de sa tournée de remerciements...

P.B. avec AFP
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Le général à la retraite James Mattis, le 5 mars 2013.
Le général à la retraite James Mattis, le 5 mars 2013. — Evan Vucci/AP/SIPA

Il n’a pas pu tenir sa langue jusqu’à lundi. « Vous me promettez de ne pas le répéter ? Je ne vais pas vous dire que nous allons nommer Mad Dog Mattis (Mattis l’enragé) secrétaire à la Défense », a lancé Donald Trump à ses supporteurs, tout sourire, jeudi soir. S’il est confirmé par le Sénat, James Mattis sera le premier ancien général à occuper ce poste depuis George Marshall en 1950, et il aura besoin d’une autorisation spéciale du Congrès. Mais vu son immense popularité, la confirmation de cet érudit de la guerre réputé pour son franc-parler ne devrait rencontrer aucune difficulté.


Le chef de guerre, très aimé de ses troupes, a commandé sur les champs de bataille les plus difficiles, en Irak et en Afghanistan, des missions qui lui ont valu son surnom de « mad dog », l’enragé. Mais James Mattis est aussi un intellectuel, surnommé le « moine soldat », connu pour détenir une impressionnante bibliothèque de plus de 7.000 livres, et pour donner de copieuses listes de lecture à ses officiers.

« Soyez poli, soyez professionnel, mais soyez prêts à tuer quiconque vous rencontrez »

Ce célibataire natif du nord-ouest des Etats-Unis, né le 8 septembre 1950, a commandé une brigade des Marines pendant l’invasion de l’Afghanistan après le 11-Septembre, avant de diriger la Première division du corps des Marines au début de la guerre d’Irak en 2003, puis pendant la terrible bataille pour reprendre la ville rebelle de Falloujah, en 2004.

« Soyez poli, soyez professionnel, mais soyez prêts à tuer quiconque vous rencontrez », avait-il expliqué à ses Marines au début de cette guerre, pour résumer la situation périlleuse dans laquelle se trouvaient les militaires américains occupant le pays.

Le général dérape parfois, comme en 2005, lorsqu’il explique que « c’est vraiment amusant de se battre » et « marrant de descendre des gens » quand on est face à « des gars qui frappent les femmes pendant cinq ans de suite parce qu’elles ne portent pas le voile ». Parmi ses autres célèbres citations, on trouve encore : « Je ne perds pas le sommeil en pensant à une possible défaite. Je ne sais même pas épeler le mot » et « Je viens en paix, je n’ai pas amené l’artillerie. Mais je vous en supplie, avec des larmes dans mes yeux : si vous jouez au con, je vous tuerai tous. »