Irak: Près de 500.000 habitants de Mossoul confrontés à une pénurie d’eau « catastrophique »

CONFLIT Le réseau de distribution de Mossoul a été endommagé et le segment de canalisation à réparer se trouve dans une partie de la ville contrôlée par Daesh…

20 Minutes avec agences

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Un jeune réfugié irakien fuit Mossoul, la dernière ville irakienne majeure sous le contrôle de l'Etat islamique.
Un jeune réfugié irakien fuit Mossoul, la dernière ville irakienne majeure sous le contrôle de l'Etat islamique. — DELIL SOULEIMAN / AFP

« Près d’un demi-million de civils, qui ont déjà du mal à se nourrir chaque jour, sont désormais privés d’eau potable saine. » Selon Lise Grande, coordinatrice des opérations humanitaires de l’ONU en Irak, la ville de Mossoul est confrontée à une pénurie d’eau qui « va avoir des conséquences catastrophiques pour les enfants, les femmes et les familles » restés dans la deuxième ville du pays.

Dans une déclaration transmise publiée sur son site Internet, l’Unicef tire donc aujourd’hui la sonnette d’alarme, affirmant que le réseau de distribution de Mossoul a été endommagé dans les combats menés depuis six semaines par l’armée et la coalition internationale pour déloger l’organisation de l’Etat islamique (EI) de son dernier grand bastion irakien.

Or « le segment de canalisation à réparer est situé dans une partie de la ville qui est toujours entre les mains de l’EI », interdisant toute intervention rapide, précise l’organisation onusienne dans un communiqué.

Diarrhées aiguës et à des risques de malnutrition

« Si l’eau courante n’est pas rétablie dans les prochains jours, les civils vont devoir utiliser des sources d’eau impropres à la consommation, exposant les enfants à des diarrhées aiguës et à des risques de malnutrition », avertit encore l’Unicef.

« L’eau, c’est la chose la plus importante. On ne se lave pas, on va attraper des poux et nos maisons sont sales », a témoigné Iman Baker, 34 ans, mère de trois enfants installée dans un quartier repris la veille à Daesh par les forces armées. De son côté, Abou Ali, un résident de Mossoul-Est, « certains habitants vont s’approvisionner dans le Tigre » qui coupe la ville en deux.

Plus de 70.000 personnes ont déjà fui les combats

Pour rappel, depuis le lancement de l’offensive à Mossoul le 17 octobre, plus de 70.000 personnes ont fui les combats, mais plus d’un million de personnes habitent toujours la grande métropole du nord de l’Irak, dont 600.000 dans les quartiers Est.

 

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Alors que l’hôpital de Gogjali, situé à la sortie Est de Mossoul, commence à voir arriver « des cas de diarrhées et de crampes intestinales, surtout chez les enfants », l’International Rescue Committee (IRC) a récemment fait savoir qu’elle envisageait des distributions de pastilles pour purifier l’eau. ceci en dépit du fait qu’il reste toujours « très difficile de se déplacer dans Mossoul pour atteindre la population, et très dangereux de sortir de chez soi, avec les snipers et les explosions ».